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Soldats de la FAMA (Forces Armées Maliennes) lors d’une parade pour célébrer le 60ème anniversaire de l’indépendance du Mali, à Bamako le 22 septembre 2020.
Épisode 4 :

Tchad : vers une dynastie militaire

58 min
À retrouver dans l'émission

Au Tchad, Mahamat Déby assure la transition démocratique après la mort de son père Idriss Déby Itno, survenue le 20 avril dernier. Mais alors que la junte a ajouté la possibilité de proroger la période transitoire de 18 mois, Mahamat Déby se contentera-t-il de superviser la transition ?

Le général Mahamat Idriss Deby lors des funérailles nationales de son père, l’ancien président tchadien Idriss Déby, à N’Djamena le 23 avril 2021.
Le général Mahamat Idriss Deby lors des funérailles nationales de son père, l’ancien président tchadien Idriss Déby, à N’Djamena le 23 avril 2021. Crédits : Issouf SANOGO - AFP

Formé dans les rangs de l’armée tchadienne qui a permis à son père de tenir le pouvoir d’une main de fer trente ans durant, Mahamat Déby se contentera-t-il d’assurer une transition démocratique ? Certains opposants tels Succès Maska, dirigeant du parti "Les transformateurs", en doutent fortement. Plusieurs éléments laissent en effet la place au soupçon, tout particulièrement depuis que la junte au pouvoir a ajouté la possibilité de proroger la période de transition de 18 mois supplémentaires. Un ajustement légal critiqué par l’Union africaine et les observateurs internationaux, à l’exception d’un seul : l’Elysée, qui apporte pour l’instant son soutien à la junte militaire actuellement au pouvoir et au clan Déby. Clé de voûte de sa sphère d’influence sahélienne, N'Djaména est la pièce maîtresse du dispositif français dans la région. Une pièce maîtresse dont Paris veut à tout prix garantir la stabilité, menacée par les groupes rebelles qui pullulent dans le nord du pays. 

Du côté de la société civile pourtant, des voix se sont élevées et des manifestations se sont tenues dans l’espoir d’affranchir le Tchad du joug militaire et autoritaire qui pèse sur lui depuis des décennies. Peut-on espérer que Mahamat Déby engage une transition démocratique alors l’armée occupe une place historiquement centrale au Tchad ? Et, quand bien même il rendrait les clés du pouvoir, cette transition peut-elle réellement réussir au vu des profondes divisions ethniques qui fracturent le pays ? Enfin, à quel avenir le Tchad peut-il aspirer sur l’échiquier politique africain et international, dans une période de forte instabilité régionale ? 

Florian Delorme reçoit Roland Marchal, chercheur au CNRS et au Centre de Recherches Internationales de Sciences Po, spécialiste des conflits armés en Afrique centrale et Cécile Petitdemange, doctorante en anthropologie et en sciences politiques à l’EHESS et l’université de Genève, spécialiste du Tchad.

Seconde partie : le focus du jour 

Libye : après la chute d’une dynastie, le retour du fils Kadhafi ?

Seïf al-Islam Kadhafi, fils du défunt Muammar Kadhafi, entouré par des partisans et journalistes dans la résidence de son père le 23 août 2011 à Tripoli.
Seïf al-Islam Kadhafi, fils du défunt Muammar Kadhafi, entouré par des partisans et journalistes dans la résidence de son père le 23 août 2011 à Tripoli. Crédits : IMED LAMLOUM / AFP POOL - AFP

Le dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle libyenne a débuté ce lundi 8 novembre. Et dans une interview accordée au New York Times cet été, Seïf al-Islam Kadhafi, fils survivant et dauphin suggéré de feu Muammar Kadhafi, n’exclut pas de s’y présenter. Pendant la révolution libyenne de 2011, plusieurs des neuf enfants de Kadhafi ont péri. Parmi eux, Muatassim et Khamis, tenants militaires d’une dynastie libyenne qui ne disait pas son nom. Aujourd’hui, bien que Seïf al-Islam mise sur la nostalgie de l’ère Kadhafi qui grandit en Libye, il doit aussi composer avec l’héritage controversé laissé par son père. 

Comment la Jamahiriya libyenne conciliait-elle mécanismes dynastiques et idéal démocratique ? Quelles sont les chances du retour du fils Kadhafi aux élections du 24 décembre prochain ?

Avec Vincent Hugeux, journaliste indépendant, essayiste et enseignant à Sciences Po. 

Sons diffusés : 

Extrait d’un discours télévisé du général Mahamat Idriss Déby (France 24, 27 avril 2021)

Succès Masra, chef du Parti des Transformateurs (TV5 Monde, 21 avril 2021)

Des familles endeuillées après la répression de la manifestation contre le Conseil Militaire de Transition (Africanews, 30 avril 2021)

Timan Erdimi, cousin d’Idriss Déby (RFI, 05 novembre 2021)

Musiques diffusées  :

« Tourabi » de la chanteuse tchadienne Mounira Mitchala (Label : Lusafrica)

"Particle » de Pantha du Prince & The Bell Laboratory (Label : Rough Trade)

Chroniques
11H53
5 min
La Revue de presse internationale
Rediffusion
Quel rôle la Turquie joue-t-elle dans la crise migratoire avec la Biélorussie ?
Intervenants
  • Chercheur au CNRS et au Centre de Recherches Internationales (CERI) de Sciences Po, spécialiste des conflits armés en Afrique centrale
  • Doctorante en anthropologie et en sciences politiques à l’EHESS et l’université de Genève, spécialiste du Tchad
  • Journaliste indépendant, essayiste et enseignant à Sciences Po
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