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10 milliards demain (1/4) - Dans la boule de cristal démographique

49 min
À retrouver dans l'émission

►►►10 MILLIARDS DEMAIN lundi: Dans la boule de cristal démographique mardi: Quand le monde grisonne mercredi: Le baby blues des vieilles démocraties jeudi: Nourrir - et former - l'humanité

Capture d'écran, site de l'INED, population mondiale en 2014
Capture d'écran, site de l'INED, population mondiale en 2014 Crédits : INED - Radio France
Capture d'écran, site de l'INED, population mondiale en 2100
Capture d'écran, site de l'INED, population mondiale en 2100 Crédits : INED - Radio France

Alors que la précédente révision des Nations-Unies prévoyait une stabilisation de la croissance démographique, c’est pourtant à une augmentation de ses habitants que le monde semble devoir se préparer d’ici à la fin du siècle… (la population mondiale pourrait donc ne pas s’arrêter de croitre d’ici là !...)

Ces études démographiques soulèvent évidemment une série d’interrogations : doit-on craindre la croissance démographique – voire la fameuse bombe humaine, l’apocalypse démographique (comme dans « Soleil vert », le film d’anticipation de Richard Fleischer [sorti en1973 et inspiré du roman « Make Room ! Make Room » d’Harry Harrison] où New-York compte 44 millions d’habitants vivant sous une chaleur harassante, rencontrant les plus grandes difficultés pour ce nourrir d’aliments naturels remplacés par des produits de synthèse fournis par des multinationales) !?...

Dispose-t-on des ressources sociales, économiques pour « faire vivre » une population mondiale toujours plus nombreuse – jeune à certains endroits, vieillissante ailleurs?

Mais, surtout, et c’est la question qui va nous occuper aujourd’hui : quelle crédibilité accorder à ces prédictions ?...

9.6 à 12.3 milliards d’habitants sur Terre d’ici à 2100… ce sont les dernières prévisions/prédictions des Nations-Unies rendues publiques le 10 juillet dernier…

Nous sommes aujourd’hui 7.2 milliards, c’est donc 2 à 5 milliards d’êtres humains en plus qui viendraient s’ajouter à la population mondiale actuelle…

Alors d’où viennent ces prospectives ?...

Depuis 1988, tous les deux ans, le service Population du Département des Affaires Economiques et Sociales de l’ONU publient des estimations et des projections des populations urbaines et rurales par Etat et de la population des plus grandes agglomérations mondiales. Que dit l’édition 2014 ? ((2014 Revision of the World Urbanization Prospects ?)) 54 % de la population mondiale vit dans les aires urbaines, soit 3.9 milliards d’individus (contre 746 millions d’individus en 1950)… Tokyo reste la plus grande ville du monde avec 38 millions d’habitants devant Delhi, 25 millions, Shanghai, 23 millions et Mexico, Mumbai et Sao Paulo avec environ 21 millions d’habitants.

Doit-on se fier à ces études, qui – si elles peuvent dégager les « grandes tendances » démographiques ont par ailleurs montré leurs limites en contenant parfois des incohérences manifestes (exemple du Nigeria / de l’Iran…) ?

Pourquoi l’ONU s’obstine à vouloir – dans sa boule de cristal – se projeter vers un horizon si lointain au risque de commettre une série d’erreurs manifestes ?

Le spectre de la bombe P (« bombe population ») largement agité dans les années 1970… ou encore des prédictions extravagantes à l’instar des 180 millions d’Iraniens prévus au cours des années 90 alors que la population iranienne n’en compte qu’à peine la moitié (près de 80 millions habitants)…

Quels sont les modèles derrière ces prédictions, quelle vision du monde sous-tendent-elles ?

Et d’ailleurs… qu’est-ce que « la population mondiale » ? Que recouvre cette expression alors que ces études sont menées à partir de données recueillies d’un pays à l’autre formant ensuite un agrégat ?

Qu’est-ce que le pic démographique, quand / où / comment arriverait-il – comment sont prises en compte les guerres ou les pandémies, les phénomènes a priori impondérables, imprévisibles ?

Les démographes sont de plus en plus sollicités pour comprendre ces tendances sociales, économiques et spatiales sans cesse mouvante… Mais comment, concrètement, la démographie peut-elle nous donner des indices et des perspectives au long cours ? Pourquoi se projeter à l’orée du 22e siècle serait une nécessité ?

Pour allons poser ces questions à des démographes - notamment Patrick Gerland qui travaille pour élaborer ces études pour les Nations-Unies - …

Nous irons du côté de l’Afrique, avec Serge Michailof, où nous poursuivrons la question de ce « dividende démographique » que représenterait moins d’enfants, moins de personnes âgées et une population jeune… Mais encore faut-il que ces jeunes soient actifs et « producteurs de richesses »… l’Afrique est-elle prête ? Et, par ailleurs ce discours « englobant » pour un continent de plus de 30 000 km2 n’est-il pas galvaudé ? Comment sont prises en compte les différentes réalités démographiques d’un pays africain à l’autre ? Le destin du Nigeria est-il nécessairement le même que celui du Togo, de la Côte d’Ivoire… ?

Puis direction l’Inde, qui devrait d’ici à 2050 dépasser la Chine pour devenir le pays le plus peuplé au monde, l’Inde qui demeure le pays où le nombre d’illettrés est extrêmement préoccupant… mais où règne désormais la foi en un « bonus démographique »... nous interrogerons cet optimisme avec le démographe Christophe Guilmoto

Mais pour l'heure, le démographe que nous avons sollicité est Gilles Pison , en duplex de la Rochelle, directeur de l'institut national des Etudes démographiques.

Une émission préparée par Clémence Allezard

Intervenants
  • Démographe, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et chercheur associé à l'Institut national d'études démographiques (Ined)
  • coordonnateur pour les Nations-Unies, section « Analyses démographiques », docteur en « population studies » au département des Affaires Sociales et Economiques
  • Directeur de recherche en démographie à l'Institut de Recherche pour le Développement, en poste au CEPED (Université Paris-Descartes, INSERM), enseignant à Paris Descartes et à l'EHESS
  • chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), auteur notamment de Africanistan (Fayard, 2015)
L'équipe
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