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Actualité internationale - NSA : de l’espionnage à la surveillance généralisée ?

49 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine, les déclarations de chefs d’états dénonçant la surveillance outrancière par l'Agence nationale de la sécurité américaine (NSA) se sont enchainées. François Hollande et Angela Merkel ont même fait part de leurs désapprobations en téléphonant directement au président américain... Lors du sommet du Conseil européen qui s’est ouvert hier, le sujet a été évoqué et la chancelière allemande a déclaré que « S'espionner entre amis n'est pas du tout acceptable ».

Et l’Europe n’est pas le seule visée: la présidente brésilienne Dilma Roussef dénonçait, elle aussi, cette semaine le programme d'écoutes des Etats-Unis dont elle aurait été la cible. L'ex-président mexicain Felipe Calderon (2006-2012) a exprimé, lui, sa "plus énergique protestation" dont il aurait également été l'objet.

Le fait que les services de renseignement américains surveillent n’est pas un scoop en soi (c’est un peu leur métier finalement), qu’ils surveillent aussi leurs alliés non plus n'est pas si surprenant, mais ce qu'il l'est en revanche c’est l’ampleur et le caractère systématique des programmes d’espionnages. Ce sont plusieurs millions de données qui sont colletées (aussi bien auprès de cibles dont on peut craindre qu’elles soient liées à des réseaux terroristes, qu’à des personnes « lambdas » qui ne présentent – à première vue – aucun danger pour la sécurité américaine). On n’est plus véritablement dans de l’espionnage ciblé mais dans la surveillance massive et généralisée.

Quelles conséquences cette interception massive de données (les miennes, les vôtres) pourront-elles avoir (dans le domaine politique, diplomatique mais aussi juridique)? Que nous dit-elle sur l’évolution de la surveillance elle-même? Sommes nous entrain de changer de philosophie du renseignement? Constitue-t-elle une menace pour les démocraties?

L’équilibre entre d’un côté des Etats qui cherchent à protéger leurs intérêts et, de l’autre, des sociétés démocratiques dont les exigences de transparences sont toujours plus grandes, ne risque-t-il pas d’être rompu?

Faudra-t-il changer les cadres législatifs pour permettre un meilleur contrôle des services de renseignements (dont le métier est aussi de savoir faire fi des empêchements juridiques)?

Intervenants
  • correspondant diplomatique du Monde
  • professeur de relations internationales à l'Université américaine de Paris
  • Magistrat de la Cour des Comptes, ancien directeur adjoint du renseignement à la DGSE, responsable des enseignements sur le renseignement à Sciences-po Paris, co-auteur avec Jean-Claude Cousseran de « Leçons sur le renseignement », ed. Odile Jacob.

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