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Temple de Bel en 2010 - aujourd'hui largement détruit - Palmyre, Syrie
Épisode 3 :

De Cyrène à Sanaa: sauver le patrimoine

51 min
À retrouver dans l'émission

L’année dernière, alors que le peuple syrien subissait sans répit les assauts du régime de Bachar Al-Assad et ceux des djihadistes de l’EI, le patrimoine culturel du pays en devenait également une cible privilégiée. Comment protéger le patrimoine archéologique des pays en guerre ?

Temple de Bel en 2010 - aujourd'hui largement détruit - Palmyre, Syrie
Temple de Bel en 2010 - aujourd'hui largement détruit - Palmyre, Syrie Crédits : Sandra Auger - Reuters

L’année dernière, alors que le peuple syrien subissait sans répit les assauts du régime de Bachar Al-Assad et ceux des djihadistes de l’EI, le patrimoine culturel du pays en devenait également une cible privilégiée.

Palmyre, capitale du multiculturalisme, où l’on a parlé l’araméen, l’arabe, le grec et le latin, une terre où l’Orient s’unissait avec l’Occident comme l’a si bien raconté l’historien Paul Veyne dans son livre Palmyre, véritable cri du cœur pour cette merveille architecturale attaquée sans vergogne par les djihadistes de Daech pendant des semaines.

D’abord son célèbre temple de Baalshamin, dieu du ciel phénicien, puis quelques jours plus tard, celui de Bel. Avant que l’homme qui leur avait consacré sa vie, Khaled Al-Asaad, ancien directeur des Antiquités de Palmyre, subisse, lui aussi, les foudres du fanatisme des fondamentalistes.

A la suite de cette destruction ô combien symbolique, la directrice générale de l’UNESCO - Irina Bokova - avait lancé un cri d’alarme, appelant à s’organiser pour protéger les sites archéologiques de Syrie et d’Irak… plus de 4500 sites selon certaines estimations : un défi d’autant plus important que le trafic de ces antiquités constitue une source de financement très importante pour les djihadistes (on parle de 6 à 8 milliards de dollars de gains).

Comment protéger le patrimoine archéologique des pays en guerre ? Que fait l’Unesco à cet égard?  Sur proposition de l’Italie, l’idée de casques bleus consacrés à cette mission a été envisagée. Où en est-on, et qu’en attendre ?

Outre l’aspect sécuritaire, on peut également attendre des évolutions sur le plan judiciaire… En effet, la Semaine dernière, pour la première fois, la Cour Pénale Internationale a auditionné un ancien chef touareg affilié à Al-Qaeda soupçonné d’être à l’origine de la destruction à coups de pioche et de burin d’une dizaine d’édifices religieux du Nord Mali. Quelle réponse la justice internationale pourra-t-elle apporter à ce crime culturel ? Nous nous intéresserons également à la Libye : si l’Irak et la Syrie ont été les tristes théâtres de nombreuses destructions de la part des djihadistes de Daech, son essor sur le territoire libyen – à la faveur d’une crise politique due au double gouvernement – préoccupe beaucoup les archéologues, nous en parlerons avec Vincent Michel.

Ce n’est pas la première fois que le monde est confronté à ce type de menace… il y a 15 ans tout juste, en mars 2001, les deux grands Bouddhas de Bamyan disparaissaient après des jours de bombardements intensifs de la part des Talibans.

Pendant un temps, on avait envisagé de les reconstruire (un fonds japonais avait même proposé de le financer), mais les autorités afghanes s’y étaient opposées… Où en est-on aujourd’hui ?

Enfin, nous nous intéresserons au Yémen… où, depuis des mois, l’armée saoudienne procède à des bombardements qui coutent très cher aux populations civiles et auxquels n’échappent pas non plus les sites archéologiques, Lamya Khalidi nous se fera l’écho de cette hécatombe.

Une émission préparée par Tiphaine de Rocquigny et Xavier Martinet

Intervenants
  • chef de l'unité Etats arabes au sein du département Patrimoine mondial de l'Unesco.
  • directeur de la Mission Archéologique Française pour la Libye Antique. Il a mené la dernière mission en Libye en 2013
  • archéologue, anthropologue, spécialiste du Yémen.
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