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Beppe Grillo, leader du Mouvement cinq étoiles à Rome (mai 2014)
Épisode 1 :

5 étoiles, Podemos, AFD : Changer la donne

50 min
À retrouver dans l'émission

Le Mouvement cinq étoiles en Italie, Podemos en Espagne, l'AFD en Allemagne... Ces partis européens se sont constitués en mettant en avant leur rejet de la politique et des partis traditionnels. Après quelques années d’existence, quel est leur bilan ? Ont-ils permis un réel renouvellement politique?

Beppe Grillo, leader du Mouvement cinq étoiles à Rome (mai 2014)
Beppe Grillo, leader du Mouvement cinq étoiles à Rome (mai 2014) Crédits : Remo Casilli - Reuters

A l'occasion d'une journée spéciale sur France Culture, « A un an des élections présidentielles, retrouver le désir de politique » en partenariat avec La Croix, France Culture consacre une large partie de la journée à explorer les rapports entre les citoyens et la politique. Tensions sociales, perte de crédit de la parole politique, désaffection pour les partis, mais aussi mobilisations nouvelles, initiatives inédites, promesses technologiques : les formes traditionnelles de la vie politique sont bousculées. Ces tensions s’observent en France bien sûr, mais également dans nombre de démocraties qui vivent en ce printemps 2016 des temps agités, de Londres à Madrid, de Brasilia à Washington. C’est donc dans le cadre de cette journée spéciale que nous allons vous proposer une série intitulée « Réenchanter le politique ». Et pour commencer, nous allons nous intéresser à ces nouveaux partis qui, de l’Espagne à l’Italie, en passant par la Grèce ou l’Allemagne, bouleversent le paysage politique.

Du Nord au Sud, d’Est en Ouest, l’Europe est traversée par une crise de confiance politique majeure : abstention, rejet des partis… En Espagne, en Grèce, en Italie les foules s’enflamment sur le mode du « Tous pourris ! ». Il y a 3 ans le Mouvement cinq étoiles du comique Beppe Grillo réalisait une percée électorale forte (plus de 20 % aux législatives). Depuis il est la seconde force politique du pays, et à l’approche des municipales de Rome en juin, le « PiDi » de Matteo Renzi frémit tant il est mal en point dans la capitale. Mais comment qualifier ce mouvement traversé de courants très variés, sinon contradictoires ? De quoi est-il le nom, et a-t-il de l’avenir ? Dans quelle mesure a-t-il bouleversé l’échiquier politique et partisan italien ?

Les mouvements d'occupation des places transformés en partis politiques
Les mouvements d'occupation des places transformés en partis politiques Crédits : Camille Renard - Radio France

Lisez l'article "La carte des "partis mouvementistes" : que sont les indignés devenus ?"

Syriza, Podemos, Mouvement 5 étoiles, ces mouvements-partis se proclament du peuple et s’érigent contre la "caste" : ils sont les visages et les porte-voix populistes de cet anti-système qui a le vent en poupe. Ils ont pris de court les partis de gouvernement : ces trublions de rue qu’ils observaient place Syntagma ou Puerta del Sol, ils les côtoient maintenant à l’Assemblée. Et c’est là que les choses se compliquent : ces nouveaux partis critiquent vigoureusement la verticalité et l’incurie des forces politiques traditionnelles et leur soif de pouvoir césariste, mais deviennent partis, désignent des leaders, et briguent (et obtiennent) leur place au soleil.

Alors, peut-on être anti-système et s’y installer ? Peut-on fustiger le jeu politique, et finalement le jouer ? Dire que les dés sont pipés et accepter de les lancer ? C’est tout le défi de ces nouveaux partis anti-caste dont nous analyserons ce matin l’exercice du pouvoir.

Peut-on parler d’une « institutionnalisation réussie », ou au contraire révèlent-ils un épuisement manifeste de la « forme-parti » ? Quel bilan tirer près de cinq ans après leur émergence, trois ans après leur première expérience d’élu-e-s ? A gauche comme à droite, quelles certitudes ces partis ont-ils bousculé ou au contraire conforté ? Quelle influence concrète  exercent-ils sur l’offre politique « traditionnelle » ?

Le cas espagnol est très parlant à cet égard : le basculement brutal du bipartisme au quadripartisme a résulté en un blocage total. Sans réformes en profondeur des institutions elles-mêmes, les vœux de Podemos semblent demeurer pieux. L’Espagne est-elle gouvernable avec une hydre politique à quatre têtes ?

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Une émission préparée par Clémence Allezard.

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Intervenants
  • professeur d’histoire et de sociologie politique, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris.
  • Sociologue, enseignante-chercheuse à l’université de Tours.
  • politologue, professeur de sciences politiques à l’université de Dresde
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