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Déforestation en République Démocratique du Congo
Épisode 2 :

De l'Amazonie au Bassin du Congo : une monnaie d'échange diplomatique

49 min
À retrouver dans l'émission

Dans l'après-COP21, la forêt et sa protection sont devenues de véritables enjeux diplomatiques, comme le prouve la mise en place du programme REDD+, visant à échanger des quotas carbone contre la protection de zones forestières entre Etats. Comment la forêt peut-elle devenir une monnaie d'échange ?

Déforestation en République Démocratique du Congo
Déforestation en République Démocratique du Congo Crédits : Julien Harneis

Le 22 avril dernier, on apprenait qu’un fonds international, essentiellement soutenu par la Norvège, allait investir 190 millions de dollars en République Démocratique du Congo (RDC) pour la protection des forêts tropicales congolaises. En échange de quoi, la RDC s’engageait à protéger 155 millions d’hectares, soit près de 7% de sa forêt. Si l'on est encore loin du milliard offert au Brésil ces dernières années, cela faisait longtemps que Kinshasa attendait ce geste. L’accord, signé au terme de longues tractations, vise à encourager la RDC, l’un des Etats les plus pauvres de la planète, à mieux préserver ses puits de carbone forestiers cinq mois après la Conférence de Paris sur le climat. Reste à voir ce qu’on peut en attendre.

On estime qu'à l'échelle de la planète, les forêts absorbent chaque année 9 milliards de tonnes de CO2 de l'atmosphère, soit près de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les forêts sont donc en première ligne dans la lutte contre le dérèglement climatique, et les grands Etats forestiers l’ont bien compris et tentent régulièrement de les utiliser pour peser dans les négociations et obtenir des compensations financières.

Depuis la mise en place de l’initiative REDD à Copenhague en 2009, la RDC s’est engagée dans ce processus qui propose des financements en échange de la « réduction des émissions liées à la dégradation des forêts et à la déforestation ». C’est le sens de l’acronyme REDD.

Alors, sept ans après la ratification de ce programme lors du Sommet de Copenhague, quel est le bilan des crédits carbone ? Qui les utilise et de quelle façon ? Ont-ils permis de ralentir la déforestation dans les trois plus grandes réserves forestières au monde, en Amazonie, en Indonésie et dans le bassin du Congo ?

Actuellement, 13 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année. Pourquoi les tentatives de création d’un accord international contraignant sur les forêts a-t-il toujours échoué ? Quelles avancées la Déclaration de New York sur les forêts signée en janvier 2014 a-t-elle permis ? La forêt constitue-t-elle encore une monnaie d’échange diplomatique ?

Une émission préparée par Tiphaine De Rocquigny.

Intervenants
  • président de l'ONF International
  • Chercheur associé à l’Université Goïtingen et membre de Thinking-africa.
  • Chercheur au Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement et chercheur associé à l’Université de Brasilia
L'équipe
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