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Patrouille militaire après un attentat à Uruqmi dans la province du Xinjang
Épisode 3 :

De Pékin à Moscou : une identité nationale à marche forcée

50 min
À retrouver dans l'émission

En Chine, en Russie, à Taïwan, plus qu'un élément d'identification personnel, l'identité nationale peut aussi être un moyen pour les Etats de renforcer leur contrôle sur la population. Dans quelle mesure les régimes peuvent-ils forcer l’existence d'une identité nationale instrumentalisée ?

Patrouille militaire après un attentat à Uruqmi dans la province du Xinjang
Patrouille militaire après un attentat à Uruqmi dans la province du Xinjang Crédits : Kyodo Kyodo - Reuters

Les ouighours : une minorité ethnique musulmane et turcophone de la région du Xinjiang qui, depuis des années, subit une vive répression et une politique assimilationniste de la part des autorités centrales chinoises. D’ailleurs, chaque événement, y compris à l’étranger, peut constituer une opportunité pour justifier aux yeux du reste du monde, la violence qu’il subissent au nom de l’intérêt de la Nation chinoise. A titre d’exemple : le gouvernement chinois n’avait pas attendu plus de quelques heures après avoir condamné les attentats de Paris, le 14 novembre dernier, pour lancer une vaste et sanglante opération policière dans le Xinjiang. Objectif affiché : capturer les responsables de l’attaque d’une mine de charbon qui avait fait 16 morts quelques semaines plus tôt dans le sud de la région autonome ouighoure.

Le gouvernement chinois a ensuite évoqué « une victoire éclatante » contre les terroristes et la mort de 28 d’entre eux. La concomitance des deux événements a été relevée et dénoncée par la correspondante du Nouvel Observateur en Chine, Ursula Gauthier. Les attentats de Paris, explique-t-elle dans un article, ont été un prétexte pour légitimer la sévère répression que subissent les mouvements séparatistes ouighours au nom de la lutte contre le terrorisme. Une assertion qui a provoqué l’ire de Pékin : 16 ans après son arrivée, Ursula Gauthier a été expulsée de Chine le 31 décembre dernier.

Derrière la façade d’un Etat multiethnique respectueux de ses minorités, la Chine mène en effet une politique d’assimilation extrêmement brutale dans ses régions frontalières, une politique sur laquelle l’omerta est quasi totale. La première puissance mondiale compte officiellement 55 minorités qui représentent 6 à 8% de la population, le reste étant constitué par la majorité Han.

Alors, comment cette assimilation à l’identité majoritaire en Chine fonctionne-t-elle ?  A quelles oppositions le gouvernement chinois fait-il face en Mandchourie, au Xinjiang ou au Tibet ? La politique de « hanisation » menée par Pékin est-elle le relais ou la source des préjugés ethniques et du racisme profondément ancré dans la société chinoise ?

Nous verrons aussi comment l’identité nationale taïwanaise se constitue face au rouleau compresseur chinois, alors qu’une nouvelle présidente ouvertement opposée à Pékin vient d’être élue. Enfin, nous parlera du nationalisme russe instrumentalisé par Vladimir Poutine pour légitimer son pouvoir.

Une émission préparée par Tiphaine de Rocquigny

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