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Dans l'ombre des podiums (1/4) - Pots-de-vin, lobbying, soft power: le sport au service du pouvoir

50 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine dans Culturesmonde nous nous intéressons aux « dessous » des grandes compétitions sportives mondiales… Que se passe-t-il dans l’ombre des podiums ? Instrument de stratégie d’influence, remodelage du tissu urbain, retombées économiques ou encore big data, à l'assaut des stades… c’est l’envers du décor du sport va nous occuper jusqu’à Jeudi. Ce matin: FIFA dans la tourmente, intégrité de la gouvernance du sport mondial, "sport power" du Qatar & Jeux européens de Bakou.

Activistes du groupe Avaaz, vers la Hallenstadion où se tenait le 65e Congrès de la FIFA, 28 mai 2015
Activistes du groupe Avaaz, vers la Hallenstadion où se tenait le 65e Congrès de la FIFA, 28 mai 2015 Crédits : Arnd Wiegmann - Reuters

Cette semaine dans Culturesmonde, nous nous intéressons aux dessous des grandes compétitions sportives mondiales. Que se passe-t-il dans l’ombre des podiums ?

Instrument de stratégie d’influence, remodelage du tissu urbain, retombées économiques ou encore culte de la performance... C’est l’envers du décor du sport qui va nous occuper jusqu’à jeudi.

Retour dans un premier temps sur « le scandale de la FIFA », l’arrestation à Zurich de 14 cadres de l’organisation mondiale le 27 mai dernier.

Barack Obama, Vladimir Poutine, & Sheikh Hamad, le ministre des affaires étrangères qatari, tous ont réagi au grand déballage des malversations monumentales de la Fédération internationale de football & la démission du de son président Joseph Blatter, toujours en place. Réagir aussi, pour les deux derniers, à ce qui a été dénoncé par certains comme une tentative d’ingérence américaine. Et la FIFA ne semble pas être seule dans la tourmente, alors qu’est officiellement suspendu le processus d’attribution du mondial de 2026, la Russie & le Qatar respectivement pays hôtes des coupes du monde de 2018 et 2022 pourraient se voir retirer le précieux trophée. Difficile, à l’aune de l’état géopolitique du monde : au conflit en Ukraine, à l'action des barbares de Daech en Irak, dont on soupçonne un financement en partie qatarie de ne pas penser ce feuilleton médiatico-judiciaire comme à une métaphore des relations internationales contemporaines, surtout que surprise, c’est des Etats-Unis, pays où par ailleurs « le soccer » n’a que très peu de supporters qu’émanent les charges. Ce ne serait pas la première fois que le sport serait instrumentalisé par les puissants, et détourné de son ambition initiale à des fins diplomatiques, de rayonnement, ou de pur marketing. Et là encore, c’est au Qatar que le « soft power » du sport semble avoir atteint son apogée ! Fabrique à champions possédant sa propre académie Aspire, rachat du PSG, une équipe de handball finaliste au championnat du monde composée de joueurs étrangers naturalisés pour l’occasion, l’organisation des jeux panasiatiques.

L’enjeu pour le Qatar ne réside pas uniquement dans la puissance de frappe d’un Zlatan Ibrahimovic.

Alors, l’après Blatter, est-ce une chance pour la FIFA pour recouvrer son intégrité ? Cette instance peut-elle être réformée ? Comment expliquer cette corruption généralisée, cette opacité, des instances de gouvernance du sport mondial ? Sont-elles au-dessus des Etats ?

Les Etats eux-mêmes n’instrumentalisent pas le sport ? Comment ? Et avec quels résultats?

Nous en parlerons avec notre invité Pim Verschuuren , chercheur à l’IRIS, spécialiste des questions liées à l’impact du sport dans les relations internationales. Spécialiste de ces multiples visages du « sport power », comme l’indique un de ses articles éponymes publié en 2013 dans la Revue Internationale et stratégique.

Nous demanderons à Jessica Tillipman , professeure à l’école de droit de l’Université George Washington, spécialiste des « lois anticorruption » aux Etats-Unis de nous expliquer « l’après » arrestation des pontes du foot mondial. La croisade contre le foot mondial est-elle aussi une nouvelle arme d’influence pour les Etats-Unis ?

Puis nous irons du côté de l’Azerbaïdjan, à Bakou, avec Adeline Braux , responsable de l’Observatoire du Caucase, à Bakou où se tient la 1ère édition des « Jeux Européens », déjà baptisée par les ONG « les jeux de la répression ».

Une émission préparée par Clémence Allezard

ET POUR REECOUTER LA SERIE : "DANS L'OMBRE DES PODIUMS" :

Lundi : Pots-de-vin, lobbying, soft power: le sport au service du pouvoir

Mardi : La ville à l’épreuve des chantiers olympiques

Mercredi : Des économies de champions : Les limites d’un modèle

Jeudi : La big data à l’assaut des stades

Intervenants
  • chercheur à l’IRIS, spécialiste de la gouvernance dans le sport international et de la lutte contre le trucage
  • professeure à l’école de droit de l’Université George Washington, spécialiste des « lois anticorruption » aux Etats-Unis
  • responsable de l’Observatoire du Caucase, antenne de l'IFEA-Istanbul, Institut Français d’Etudes Anatoliennes à Bakou (Azerbaïdjan)
L'équipe
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