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Le procureur général de Téhéran Saeed Mortazavi assiste à l'exécution par pendaison de Majid Kavousifar et Hossein Kavousifar à Téhéran le 2 Août 2007.
Épisode 2 :

Peine capitale en Iran : la frénésie morbide

58 min
À retrouver dans l'émission

En 2015, une majorité des personnes exécutées l'ont été pour des infractions à la législation sur les stupéfiants. Deuxième pays après la Chine en nombre d’exécutions, l'Iran condamne à mort pour toute une série de crimes. Quels sont les rouages de ce système judiciaire ?

Le procureur général de Téhéran Saeed Mortazavi assiste à l'exécution par pendaison de Majid Kavousifar et Hossein Kavousifar à Téhéran le 2 Août 2007.
Le procureur général de Téhéran Saeed Mortazavi assiste à l'exécution par pendaison de Majid Kavousifar et Hossein Kavousifar à Téhéran le 2 Août 2007. Crédits : Morteza Nikoubazl - Reuters

A l’occasion de la parution d’un récent rapport publié par les Nations unies, son secrétaire général, Ban Ki-moon, a déploré la situation iranienne, se disant "profondément troublé" par le "taux alarmant" d’exécutions de condamnés à mort. En effet, dans son dernier rapport, Amnesty International comptabilisait 977 exécutions pour 2015 (contre 743 l’année précédente), faisant de l’Iran le pays qui exécute le plus - si l’on met la Chine de côté dont il est impossible d’avoir des chiffres précis.

Comment comprendre cette explosion d'exécutions ? Il y a quelques jours, environ 150 députés ont signé une proposition d’amendement destiné à réduire les condamnations à mort pour trafic de drogues. La plupart des peines capitales s’y rapportant: pour l’année 2013, 70% des peines capitales étaient prononcées contre des trafiquants.

Alors que peut-on en attendre ? Des améliorations sont-elles envisageables ? Et quel bilan pour le président Rohani qui avait promis des avancées en la matière ?

En 1988, quelques jours seulement après la fin de la guerre Iran-Irak, le fondateur de la République Islamique d'Iran, l'ayatollah Khomeyni, émettait une fatwa, un décret religieux, ordonnant l'exécution de tous les moudjahidin du peuple emprisonnés.

En moins de 3 mois, ce sont plus de 33.000 personnes qui sont exécutées dans les prisons du pays après des procès expéditifs. La première nuit, ce sont 3800 personnes qui périssent dans les prisons de la capitale (jeunes à partir de 13 ans, femmes enceintes, hommes ou vieillards.

Et si, finalement, rien avait tellement changé depuis ? La peine capitale est-elle toujours instrumentalisée par Téhéran afin de réprimer l’opposition ?

Une émission préparée par Clémence Allezard.

A lire : Peine de mort : 25 pays ont exécuté plus de 1 634 personnes en 2015

Chroniques

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5 min

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Intervenants
  • enseignant chercheur associé au Centre d'analyse et d'intervention sociologiques (CADIS-EHESS)
  • porte-parole et co-fondateur de Iran Human Rights
  • Politologue spécialiste de la péninsule arabique. Chargé de recherche au CNRS, au CERI et au centre français d’archéologie et de sciences sociales de Sanaa (CEFAS), auteur notamment de Le Yémen, de l’Arabie heureuse à la guerre (Fayard)
  • Professeure de sociologie, directrice du département de sciences sociales et du CEDREF à l'Université de Paris (ex Paris 7 Diderot)

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