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De Kirchner à Castro : les gauches latines (4/4) - L’épreuve indigène

52 min
À retrouver dans l'émission

Laurent Lacroix
Laurent Lacroix Crédits : Radio France

Aujourd’hui, le pays le plus avancé en matière de droits des peuples indigènes est la Bolivie. L’élection d’Evo Morales – homme de gauche s’il en est - en étant le signe le plus révélateur. Il remporte l’élection présidentielle en 2005 alors qu’il est à la tête d’un parti qu’il a créé: le MAS (Le Mouvement vers le socialisme - Instrument politique pour la souveraineté des peuples) Morales est issu d'une famille pauvre de paysans amérindiens, issu du peuple Aymara. Il fut obligé d’arrêter l’école pour gagner sa vie (il fut peintre, boulanger, maçon etc.) et son arrivée au pouvoir fut un signe fort – dans toute l’Amérique latine - pour la reconnaissance des droits des peuples indigènes.

De fait, mouvements indigènes et partis de gauche ont lutté ensemble au cours des dernières décennies. Quel bilan peut-on faire de la politique de Morales? Qu’a-t-il apporté à la cause indigène? Une nouvelle constitution tout d’abord, pour l’Etat « plurinational » de Bolivie, un texte adopté en 2009 qui donne les droits plus poussés aux peuples autochtones, bien plus que dans tous les autres pays de la région. Quelle traduction dans les faits? Là c’est plus compliqué car la politique de développement industriel du MAS (le Mouvement vers le socialisme , parti de Morales) se heurte aux mouvements indigènes concernés par les extractions de matières premières sur leurs terres. L’exemple le plus emblématique étant sans doute le conflit dit du Tipnis , la construction d’une route sur un parc naturel en théorie protégé, qui a généré des épisodes de violence en 2011. Quelles sont les traces de ce conflit aujourd’hui? Est-il totalement terminé?

Même ambiance au Venezuela, en Equateur, au Brésil: le développement économique, la mise en valeur de régions riches en matières premières se heurte aux aspirations des communautés de voir leurs territoires protégés. Comment les gouvernements de gauche gèrent-ils cette contradiction?

Au-delà des spécificités de chacun de ces dossiers, une question transversale: la question de l’indigénisme en Amérique latine ne force-t-elle pas les gouvernements progressistes à revoir leur copie au niveau du modèle économique extractiviste? Les populations indigènes sont-elles vraiment les grandes gagnantes de la « décennie de gauche » en Amérique latine?

Intervenants
  • photojournaliste et romancier
  • chercheur à l'Institut des Hautes Etudes Nationales de Quito, Equateur.
  • post-doctorant au sein de l'équipe Scales of Governance & Indigenous Peoples (programme ERC SOGIP, IIAC/LAIOS - EHESS), chercheur associé au Centre de Recherche et de Documentation sur les Amériques (CREDA, UMR 2772), président de la Bolivian Studies
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