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De la PMA à l’euthanasie, des questions de vie ou de mort (1/4) - La médecine à l’épreuve de la fin de vie: une Europe désunie

51 min
À retrouver dans l'émission

Alors que le Conseil d’Etat vient tout juste de d’annoncer, vendredi dernier, qu’il attendrait les résultats d’une nouvelle expertise médicale pour se prononcer sur le cas de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif chronique depuis cinq ans; force est de constater que les débats autour de la fin de vie ont beaucoup agité la France ces dernières semaines. On se souvient qu’une grande conférence de citoyens sur ce thème a été tenue en décembre dernier (le Comité Consultatif National d’Ethique confié à l’institut Ifop de rassembler les réflexions de 20 citoyens français sur ce thème).

Or, ces débats n’agitent pas la seule opinion française: nos voisins belges – bien qu’ils possèdent déjà une loi encadrant l’euthanasie – restent attentifs à ces questions et les débats des dernières semaines portaient, en Belgique, sur l’extension du dispositif pour les mineurs.

La Belgique est ainsi devenu le premier pays à autoriser l'euthanasie pour les enfants malades quel que soit leur âge. Seuls les Pays-Bas l'autorisent déjà pour les enfants âgés de douze ans au moins. Le projet était largement soutenu par l'opinion, même s’il a suscité d’importantes contestations, de la part de pédopsychiatre et de familles catholiques.

Les chrétiens-démocrates, alors qu’ils sont membres du gouvernement de coalition d'Elio Di Rupo, s'opposaient à cette initiative, de même que les dirigeants religieux chrétiens, musulmans et juifs, ainsi que le parti nationaliste du Vlaams Belang. Ce vote relance le débat sur la fin de vie en Europe, où les cas de figures et les législations sont très divers. Malgré l’apparente proximité culturelle des Etats européens, la grande hétérogénéité des pratiques face à la fin de vie montre une diversité de fondements culturels.

Dans certains pays comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne (ce que nous évoquons ce matin avec Ruth Horn), l’euthanasie reste profondément associée à l’homicide et reste un interdit absolu. Leur culture libérale a fait de pays comme les Pays-Bas ou la Belgique les pionniers mondiaux sur la question.

En Suisse (dont nous parlons avec Alexandre Mauron), la situation est assez complexe.Alors que l’on a l’image d’un pays extrêmement libéral sur la fin de vie, connu pour son « tourisme de la mort » grâce à l’autorisation du suicide assisté, l’euthanasie au sens propre reste un tabou.

Qu’est-ce que cette diversité nous dit du rapport au corps dans les différents pays européens? L’Europe est-elle condamnée à être désunie sur la fin de vie?

Intervenants
  • professeur de bioéthique à l’iEH2 (Institut Ethique Histoire Humanités) à Genève.
  • chercheuse au Ethox Centre à l’université d’Oxford.
  • doyen de la faculté de droit de l’université de Namur, président de l’Institut Européen de Bioéthique.
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