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De Londres à Mexico : mais que fait la police? (4/4) - Les polices anti-émeutes

50 min
À retrouver dans l'émission

Dernier volet de notre série consacrée à la police dans le monde: les forces anti-émeutes. De Tunis à Montréal, ces brigades ont été sous les projecteurs de l’actualité ces derniers mois. Elles ont aussi été singulièrement critiquées pour leurs méthodes, bien souvent pour leurs bavures. A la décharge de ces policiers, il faut préciser que le maintien de l’ordre dans un contexte de manifestation ou d’émeute est l’une des missions les plus délicates des forces de l’ordre: la gestion d’une foule obéit à des logiques complexes, tout comme la répression des éventuels casseurs dans les contextes les plus violents.

Nous allons nous intéresser aujourd’hui particulièrement au cas de la Tunisie, où les BOP – les brigades de l’ordre public chères à Ben Ali - ont été, à la surprise générale, dépassées dès le début de la révolution. Pendant les semaines qui suivirent, ces forces anti-émeutes se sont distinguées à nouveau. Mais cette fois-ci par leurs méthodes particulièrement violentes, notamment lorsqu’elles ont vidé la place de la Kasbah de ses manifestants à deux reprises (fin janvier et fin février). Simultanément à ces événements l’histoire s’est accélèrée en Tunisie: chute du gouvernement Ghannouchi (à l’issue de la deuxième occupation de cette place en février 2011), en octobre 2011 élection de l’assemblée constituante (victoire d’Ennahda), suivie en décembre par celle de Moncef Marzouki à la présidence de la république. Le même Moncef Marzouki qui n’a eu de cesse de dénoncer les méthodes de la police pendant qu’il était dans l’opposition. Avant la chute du régime de Ben Ali il avait d’ailleurs coutume de dire que la Tunisie était le pays des trois P : Politique, Police et Pègre.

Ces méthodes des policiers anti-émeute ont-elles changé depuis l’avènement de la démocratie (et l’arrivée au pouvoir du nouveau président Moncef Marzouki élu décembre en 2011)? Pas si sûr lorsque l’on observe la répression brutale qui s’abat depuis plusieurs jours sur les manifestants à Siliana, dans l’ouest du pays.

Au-delà de la Tunisie, nous essaierons de prendre un peu de recul en analysant ce qui s’est passé il y a quelques mois au Québec lors du « printemps érable »: contexte sans aucun rapport, mais tout de même des points communs. Des policiers dépassés qui sur-réagissent, et s’attirent la défiance de la population. Les policiers anti-émeute, en démocratie et en régime autoritaire, sont-ils condamnés à utiliser des méthodes brutales?

Intervenants
  • maître de conférences à Paris-Dauphine, spécialiste de la Tunisie.
  • directeur du Centre International de Criminologie Comparée de Montréal.
  • journaliste à RFI, spécialiste du djihadisme, auteur du livre prix Albert Londres "Les Revenants"
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