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Des citoyens révoltés (4/4) - La désobéissance numérique

50 min
À retrouver dans l'émission

Dernière étape de notre semaine placée sous le thème de la mobilisation citoyenne. Ce matin, c'est d'une forme de mobilisation dont on a observé l'émergence au moment de l'avènement du "web 2.0": du militantisme "en ligne" au "cyber-activisme".

Une émission présentée par Xavier Martinet

Bref retour sur la semaine écoulée:

lundi: quand le mouvement social devient parti

mardi: A Sivens, A Raipur ou à Maoming: la colère des écologistes

mercredi: Face à la mondialisation, des identités exacerbées

Dernière étape de ce parcours parmi les révoltes citoyennes, lundi le passage au plan institutionnel et parlementaire – Florian Delorme évoquait Syriza, mardi elle se construisait à travers l'écologie, hier elle était traversée par des courants identitaires plus ou moins violents... Et pour finir, la révolte des citoyens est aussi celle des usagers : les usagers d'internet et leur méthodes que nous avons intitulée « la désobéissance numérique ».

Une fois n'est pas coutume un détour par la France... L'ONG Transparency International et les syndicats de la presse judiciaire s'inquiètent hier d'une disposition de la loi Macron, l'article 64, qui ferait de la France le premier pays européen à pénaliser d'amende et de prison la divulgation d'informations « à valeur économique »...

Adieu, donc ceux qu'on appelle depuis Wikileaks les « lanceurs d'alerte », réduits au silence par un secret des affaires étendu ? Le texte est flou, le Ministre de la Finance français Michel Sapin a rassuré hier, le débat est lancé... Il l'est d'autant plus qu'il s'agit d'une transposition d'une directive européenne et qu'à cette échelle européenne, de nombreuses ONG se mobilisent depuis décembre les suites judiciaires de l'affaire LuxLeaks, la divulgation de documents sur les accords d'optimisation fiscale entre le Luxembourg et des entreprises multinationales...

Le droit de l'internet, l'activisme informatique, le respect ou la conquête des libertés de la presse et de la justice, tout cela est aujourd'hui indissociablement lié dans ces affaires qui mobilisent en Europe et aux Etats-Unis (mais finalement un peu partout), des particuliers bien informés, les ONG et une partie de la communauté numérique...

Certaines de ces mobilisation sont suivies sur des années, au nom du droit à l'information, d'autres sont plus ponctuelles, simplement en vertu d'une capacité d'action nouvelle des groupes d'activistes informatiques... L'exemple le plus flagrant en a peut-être été donné lors des Printemps Arabes, dans l'action des groupes de hackers, les pirates informatiques locaux et internationaux... C'était dimanche dernier le 4ème anniversaire de la révolution égyptienne...

Ils ne s'appellent pas Syriza, Podemos, Pegida, ni Zadistes... Ils n'ont pas de banderole, ne manifestent pas et ne portent pas de cagoule, pas de lieu... Ils n'en ont pas besoin car dans la « cyberguerre » les activistes de Telecomix, particulièrement connus pour leur soutien aux opposants syriens en 2011, ou ceux des Anonymous, des Antisec aux Etats-Unis ou du Chaos Computer Club né en Allemagne, agissent dans et sur des réseaux numériques… Ils ne s'appellent donc pas Indignés, bien que des rapprochements théoriques et concrets soient possibles, et ils peuvent aussi partager leur colère, ou celle des activistes de la rue...

On entendra dans cette émission un des activistes de Telecomix, « Okhin »...

Cyberguerre… Jamais loin d'une « cyber-citoyenneté » qui se traduit dans des actions moins frontales du téléchargement peer-to-peer, parfois à la limite de la loi en passant par les sit-in virtuels pour bloquer les sites internet, jusqu'au plus fortement litigieuses, comme les leaks , la fuite ou la diffusion d’informations sur les gouvernements ou les institutions... peut-être les entreprises... Globaleaks, Wikileaks… ou Copwatch en France...

Et puis cyberguerre, ou cyber-citoyenneté, mais déterritorialisée : les cyber activistes n'ont pas de pays, mais des causes... Pas de lieu, mais du savoir faire... On n'est pas loin de l'utopie... Qui a pourtant ses réalisations très sensibles : à quel point l'activisme informatique est-il proche de l'activisme citoyen, à quel point Anonymous peut-il changer le monde ? Pirates informatiques ou activistes numériques ? C'est la question que que Frédéric Bardeau , notre invité, pose très exactement dans le livre dont il est coauteur en 2011, Anonymous aux éditions FYP.

Plongée ce matin dans un monde fait d'anglicismes comme l'ésotérique « effet Streisand », de contractions de termes, wikileaks, cablegate, de slogans-concepts comme data must flow ou le data love, mais aussi de véritables intentions belliqueuses et de subversion, où les sit-in virtuels se paient en mois de prison ferme...

Les objets des leaks – ces fuites de documents confidentiels au nom de la transparence – sont divers et toujours délicats : les relations diplomatiques, les tractations entre gouvernements et multinationales, les pratiques des entreprises... Et bien sûr celle des autorités politiques : c'est le cas de plus en plus en Chine, nous irons à Hong Kong entendre Séverine Arsene la rédactrice en chef de la revue Perspectives chinoises ...

La désobéissance numérique chinoise a ses difficultés récurrentes... Mais la surveillance numérique citoyenne a aussi ses succès c'est le cas en Tunisie depuis la révolution... Nous poserons la question en fin d'émission à Amira Yahyaoui la présidente de l'ONG Al Bawsala qui utilise internet pour faire de la veille politique étroite...

We are Anonymous // Nous sommes les "Anonymous"
We are Anonymous // Nous sommes les "Anonymous" Crédits : Anonymous group

Une émission préparée par Tiphaine de Rocquigny

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Production déléguée
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