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A participant dives from historical "Old Bridge", also known as "Mostar Bridge" during the traditional event 450th Old Bridge Diving Contest in Mostar, Bosnia and Herzegovina on July 31, 2016.
Épisode 4 :

Le pont de Mostar: Réconcilier les vivants

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce matin, nous nous intéressons aux Balkans : là où les ponts ont des légendes, là aussi, où ils ont été des cibles directes de la guerre, avant d’être reconstruits pour panser les plaies et initier la réconciliation….

A participant dives from historical "Old Bridge", also known as "Mostar Bridge" during the traditional event 450th Old Bridge Diving Contest in Mostar, Bosnia and Herzegovina on July 31, 2016.
A participant dives from historical "Old Bridge", also known as "Mostar Bridge" during the traditional event 450th Old Bridge Diving Contest in Mostar, Bosnia and Herzegovina on July 31, 2016. Crédits : D. Maric / Anadolu Agency - AFP

Le 9 novembre 1993, les milices du Conseil de défense croate détruisaient le Stari Most, le « vieux pont », ses vielles pierres séculaires s’effondrant 30 mètres plus bas dans le fleuve Neretva. Construit en 1566 par les ottomans, il était devenu le symbole du métissage et du cosmopolitisme de la ville jusqu'à ce que ces peuples européens se déchirent à mesure que la Yougoslavie se démantelait. La destruction de Mostar, signifiant littéralement «la ville du pont», reste un symbole de ces guerres balkaniques et du retour brutal de la guerre au cœur de l’Europe...

Sa destruction était sans nul doute ciblée : ce n’était pas un point de passage stratégique que l’on détruisait mais un symbole : celui des échanges entre les populations et de l’entente entre communautés dans une ville multiethnique – composée essentiellement de croate, catholiques, et de bosniaques, musulmans, mais aussi de serbes.

Bien sûr dès avant la guerre, la République fédérale socialiste de Yougoslavie de Tito armée de cette devise prometteuse « Unité et fraternité » camouflait une réalité certainement plus complexe. Mais détruire le pont de Mostar c’était porter un coup au multiculturalisme et au vivre-ensemble. Alors ce coup a-t-il été fatal ? Comment ce « pont-symbole » peut-il (re)devenir un trait d’union entre bosniaques et croates ?

Au-delà de Mostar, nous nous intéresserons également à la ville de Mitrovica, ville industrielle du nord, théâtre d’importants affrontements entre kosovares serbes et kosovares albanophones lors de la guerre au Kosovo là aussi la communauté internationale décidait, au début des années 2000, que pour lier ces communautés déchirées, il fallait reconstruire un pont espérant « créer un lien » entre les différentes communautés.

De quelle symbolique sont porteurs les ponts dans les Balkans ? Cette symbolique est-elle nécessairement la même depuis la petite Albanie ou l’ex vaste Yougoslavie ? Nous nous intéresserons à la place du pont dans les légendes et les imaginaires balkaniques mais surtout dans la littérature : autour de deux œuvres majeures de la région : le pont sur la Drina d’Ivo Andric et « le Pont aux trois arches » d’Ismaïl Kadaré. Quand entre les rives il y a des abîmes ethniques, culturelles, religieuses : le pont peut-il à lui seul « réconcilier les vivants » ?

Une émission préparée par Clémence Allezard

Chroniques
11H53
5 min
Le Tour du monde des idées
Critiques de la méritocratie : des élites irresponsables et coupées du peuple
Intervenants
  • Agrégée de géographie, professeure au lycée Garnier à Chambéry et au département de géographie de l’université Savoie Mont-Blanc, auteure du blog Géographie de la ville en guerre.
  • Directrice de l'ONG "Community Bulding in Mitrovica" au Kosovo.
  • Professeur émérite de littérature comparée, spécialiste de la littérature balkanique et notamment d'Ismaïl Kadaré.
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