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Je t’aime moi non plus (3/4) - Corée du Sud / Japon : renouer le dialogue

50 min
À retrouver dans l'émission

Alain Delissen
Alain Delissen Crédits : Radio France

L’histoire de la péninsule coréenne est extrêmement riche elle a existé en tant que telle, comme culture particulière, comme système politique indépendant. Longtemps la région a été menacée par ses voisins d’abord par la chine puis par le Japon jusqu’à son annexion en 1910. A l’époque, la Corée n’est pas de taille à s’opposer à l’impérialisme de son voisin beaucoup plus développé.

L’intérêt des Japonais est alors principalement économique. Il s’agit d’abord et avant tout de s’emparer de matières premières. Mais on assiste également à une immigration japonaise massive à travers laquelle va s’organiser le développement économique forcé du pays. Dans le domaine agricole, la domination est particulièrement spectaculaire: de nombreux paysans sont expropriés et se retrouvent à travailler sur des terres qui ne leurs appartiennent plus. Le bénéfice des productions partant en grande partie pour le Japon.

Une autre partie des paysans est envoyée pour travailler dans des usines japonaises ou engagée dans des projets de construction gigantesques (la construction de réseaux routiers, de chemins de fer, de centrales hydroélectriques). Mais cette domination s’exerçait également dans le domaine culturel puisque les Coréens furent forcés d’apprendre le japonais et d’adopter des noms de familles japonais.

Bref, les Coréens ont subi une colonisation particulièrement brutale de la part de leur voisin japonais aux ambitions expansionnistes exacerbées à l’époque. Souvenons-nous que ce Japon s’était engagé, à partir de 1937, dans une guerre avec l’autre voisin: la Chine. Une guerre durant laquelle des milliers de femmes coréennes – les « femmes de réconfort » - vont être « engagées » dans des maisons closes pour assouvir l’appétit sexuel des soldats japonais. La domination japonaise durera 35 ans et prendra fin au moment de la reddition du Japon le 15 août 45. Quelles sont, aujourd’hui, les relations entre les deux pays? Comment gèrent-ils la mémoire de ce passé commun ?... comment est-elle transmise aux nouvelles générations? La coopération économique et culturelle suffit-elle à panser les plaies d’une histoire douloureuse?

Intervenants
  • Chargé de recherche au CNRS, en poste l'Institut d'Asie Orientale de Lyon.
  • directeur de l'Institut d'études coréennes au Collège de France.
  • maître de conférences à l’université de Bordeaux 3
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