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La biodiversité (1/4) - Un enjeu géopolitique

50 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine dans CulturesMonde: la biodiversité. Lundi: Un enjeu géopolitique Mardi: La valeur du vivant Mercredi: Forêts, le difficile plaidoyer Jeudi: Sous l'océan, les espèces en danger

« Si je suis venu au monde, ce n’est pas pour le transformer en un lieu où il fasse bon vivre, mais pour y vivre . ».

Ces mots sont ceux d’Henry David Thoreau... Car si le philosophe est plus connu comme celui qui a dit « non », comme le théoricien de la désobéissance civile, il est aussi l’auteur en 1854 de Walden dans les bois , ouvrage pour lequel il s’était enfermé dans une cabane spartiate au fin fond d’une forêt de la Nouvelle Angleterre, et avait dénoncé, en filigrane, l’impact de l’activité humaine sur la nature, voulu démontré l’importance de son respect, et surtout l'avait « observée »..

minutieusement observée, Thoreau avait scrupuleusement noté les différences espèces de faune et de flore croisées au cours de son expérience de « retour à la nature » … Une quête de la nature « primitive » « sauvage », bien loin – désormais – des préoccupations des biologistes, chercheurs, contemporains, car cette idée de nature immaculée s’avère aussi galvaudée que le mythe du « bon sauvage »…mais mais ses nombreux carnets de notes servent encore aujourd’hui à d’éminents chercheurs américains - d’Harvard notamment… [Selon un article du New York Times d’Octobre 2008] pourquoi ?

Car le quart des espèces mentionnées par Thoreau a disparu de la région tandis qu’un tiers survit à peine et ne devrait pas tarder à disparaître… et cela en moins de deux siècles…

Thoreau, le premier, a ainsi involontairement pointé du doigt un fléau désormais de plus en plus dénoncé : le déclin de la biodiversité.

En tout, si l’on en croit la dernière étude de la WWF 52% des animaux sauvages ont disparu en moins de 40 ans, selon le dernier recensement de l’UICN (Union International pour la conservation de la nature) plus de 15% du vivant serait menacé d’extinction…

En tout plus de 182 000 espèces ont disparu de la surface de la Terre, menaçant ainsi l’équilibre de nos écosystèmes…

Des constant « alarmants » qui semblent au fur et à mesure des ans avoir alerté opinion publique et décideurs politiques... car au cours des deux dernières décennies, la diversité biologique est devenue un enjeu mondial majeur, et, de fait, nous le verrons, un objet « géopolitique » à part entière…

En 1992, à Rio, 168 pays signaient la Convention pour la Diversité biologique, en 2010, 50 états et l’Union Européenne ratifiaient le Protocole Nagoya entré en vigueur le 12 octobre dernier… [notons que les Etats-Unis y brillent d’ailleurs par leur absence…]

Et, vendredi dernier, s’achevait à Pyonchang en Corée du Sud la 12ème conférence pour la biodiversité…

De Thoreau à P’yŏngch’ang, en passant par Rio : que s’est-il passé ?

Quand, comment, l’érosion de la biodiversité et la question des « ressources génétiques » naturel ont fait leur apparition dans l’arène internationale ?

Comment, justement, s’organisent les débats au sein de cette arène ?

Entre pays des Sud détenteurs des ressources génétiques et pays du Nord, détenteurs des moyens pour les exploiter et les mettre à profit : comment s’articulent les négociations autour d’un partage équitable des ressources, comment les intérêts de chacun sont-ils défendus, représentés ?

Avons-nous affaire, ici, à une nouvelle, une énième peut-être… « ligne de fracture Nord/Sud » ?

Comment sont pris en compte, par ailleurs, dans ces tractations entre « grands de ce monde » les intérêts des populations indigènes ? Question qui devait être au cœur de l’agenda de Pyonchang… et que nous aborderons avec l’une de nos invités, Marie Roué…

Mais avant tout :

22 ans après le sommet de la Terre de Rio: quel bilan pour les politiques internationales en matière de biodiversité ? Quelle feuille de route pour la biodiversité à l’issue du sommet de Pyonechang ?

Quelles possibilités aujourd’hu i de construire une gouvernance mondiale « du vivant » « avant que nature meure » [pour reprendre les termes du célèbre naturaliste Jean Dorst] ?

Avec nous pour en parler:

Jean Foyer , depuis les studios de la RTBF à Bruxelles, sociologue, Chargé de recherche au CNRS Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC), Responsable du pôle Gouvernance environnementale et controverses sociotechniques Coresponsable du séminaire Gouverner le vivant Auteur de nombreux articles et entre autres d’un ouvrage intitulé : Il était une fois la bio-révolution : nature et savoirs dans la modernité globale , (Presses universitaires de France, 2010)

• 1992 – Adoption de la Convention pour la diversité biologique.

• 2000 –désignation du 22 mai comme journée mondiale de la biodiversité.

• 2002 – Objectif de réduire la perte de la biodiversité à l’horizon 2010 fixé par la communauté internationale - Sommet du développement durable de Johannesburg.

• 2004 – Adoption par la France de sa Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) , fixant un cadre pour la mise en œuvre en France des recommandations de la convention pour la diversité biologique.

2005 – Lancement des premiers plans d’action de la Stratégie française pour la biodiversité.

Mai 2006 – Réactualisation de la stratégie européenne pour la biodiversité.

Début 2009 – Adoption par le gouvernement français de la programmation 2009-2010 des plans d’actions sectoriels de la stratégie et ce, conformément à l’engagement pris, à l’issue du Grenelle Environnement, de renforcer la stratégie nationale pour la biodiversité.

• 2010 – Année de la biodiversité - Révision de la SNB

• 2011 – Adoption de la SNB 2011 - 2020

• 2012 – COP 11 à Hyderabad, Relance du centre d’échange français (CHM) de la CDB

• 2014 – 5eme Rapport national à la CDB

  • COP 12 à Pyeongchang, république de Corée -6-17 octobre 2014.

Philippe Léna, géographe, sociologue, directeur de recherches à l’IRD, spécialiste du Brésil. Philippe Léna était à Rio en 1992 et en 2012, pour le sommet de Rio 20. et

Marie Roué, directrice de recherches au CNRS / Muséum d'histoire naturelle en tant qu'ethnologue, spécialiste des peuples arctiques a répondu Vendredi dernier aux questions de Clémence Allezard.

Une émission préparée par Clémence Allezard

Intervenants
  • sociologue, Chargé de recherche au CNRS Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC), Responsable du pôle Gouvernance environnementale et controverses sociotechniques ; Coresponsable du séminaire Gouverner le vivant
  • géographe, sociologue, directeur de recherches à l’IRD
  • directrice de recherches au CNRS / Muséum d'histoire naturelle en tant qu'ethnologue, spécialiste des peuples arctiques
L'équipe
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Réalisation
Production déléguée
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