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La biodiversité (2/4) - La valeur du vivant

50 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd'hui, les marchés de la biodiversité. L'or vert a-t-il tenu ses promesses ? Peut-on évaluer, monétiser le vivant?

Avec nous, pour en parler:

Valérie Boisvert, en duplex de Lausanne , professeur assistante en économie de l’environnement à l’Institut de géographie et durabilité de l’Université de Lausanne, co-auteure en 2007 de Les marchés de la biodiversité (IRD Editions)

Linda Boukhris, docteure en Géographie, enseignant-chercheur à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne au sein de l'EIREST (Equipe interdisciplinaire de recherches sur le tourisme) et à l'Université François Rabelais de Tours. Elle a consacrée sa thèse au Costa Rica, sur l'éco tourisme, mais aussi "l'imaginaire touristique" propre au cas costaricien.

Costa Rica, cet eldorado de la biodiversité...
"[...] Sa luxuriance naturelle est le principal atout du Costa Rica, qui a misé sur un tourisme écologique, afin de compléter les revenus tirés de la culture du café et plus récemment de l'électronique. Le Costa Rica est aussi le seul pays de la région à avoir aboli toute armée, en 1948, afin de consacrer une plus grande part du budget de l'Etat à l'éducation. Une attitude méritoire à l'époque où fleurissaient alentour dictatures militaires, guérillas et contre-guérillas, mais qui lui a permis d'aider ses voisins à sortir de sanglantes guerres civiles. Ce rôle de médiateur a valu en 1987 le prix Nobel de la paix à son actuel président, Oscar Arias.

Le pacifisme assumé des "Ticos" - les habitants du Costa Rica - contribue au charme de cette petite république tropicale, qui attire un nombre croissant de touristes - près de 2 millions par an, pour 4,5 millions d'habitants. Inutile de chercher ici des sites archéologiques ou une architecture coloniale ambitieuse : la capitale, San José, ne mérite pas un long détour. Hormis le Théâtre national, inspiré de l'Opéra de Paris, et dont la construction fut décidée en 1890 par les gros planteurs de café après qu'une prima donna eut snobé le Costa Rica, faute d'écrin convenable pour sa voix.

Mais la nature vaut à elle seule le voyage. Près d'un tiers de la superficie du pays est planté de forêt vierge jalousement protégée, parce qu'elle abrite une faune exceptionnelle : les merveilleux toucans au bec multicolore, les singes, les tapirs, le vautour royal, la spectaculaire grenouille aux yeux rouges et aux flancs rayés de jaune sur fond violet, plus de trois cent mille espèces d'insectes. Et 850 espèces d'oiseaux, soit le double de ce qu'offrent, ensemble, le Canada et les Etats-Unis. Cela place parfois le gouvernement devant des dilemmes cornéliens, quand la perspective alléchante d'exploiter des gisements de pétrole menace la survie d'un perroquet en voie d'extinction.

[...]"

Source: Le Monde, "Plongée au Costa Rica, royaume de la biodiversité"

et Lucie Dejouhanet, maitre de conférence en géographie à l'Université des Antilles et de la Guyane en Martinique. Elle a fait une thèse, publiée en 2012, sur la filière des plantes médicinales utilisées dans la médecine ayurvédique au Kérala, en Inde du Sud.

qui a répondu Lundi, hier, le 20 Octobre, aux questions de Tiphaine de Rocquigny.

On connaît l’impact des émissions de CO2 sur le réchauffement de l’atmosphère. On connaît moins les conséquences de ces émissions sur les océans. Au cours des deux derniers siècles, les mers ont absorbé un quart du CO2 émis par les activités humaines selon la synthèse rendue publique ce mois-ci à la Convention sur la diversité biologique de Pyeongchang. Conséquence : une acidification des océans qui pourrait avoir de graves conséquences sur la biodiversité marine d’ici à la fin du siècle : selon les chercheurs, si les émissions humaines se poursuivent au rythme actuel, les océans verrontleur acidité augmenter d’environ 170 % par rapport aux niveaux préindustriels d’ici à 2100, ce qui met en péril en première ligne les mollusques, les coraux et certains phytoplanctons.

Quelles pourraient être à plus long terme les conséquences sur les écosystèmes marins de cette acidification massive ? Et quelles initiatives, quelles inventions pourraient permettre de ralentir ce phénomène ? Avec nous pour en parler, Jean-Pierre Gattuso, directeur de recherche CNRS au laboratoire d'océanographie de Villefranche-sur-mer et co-auteur du rapport sur l’acidification de l’océan. On entendra également Nell Benett, diplômée du Royal College of Art de Londres, qui a conçu un produit qui serait capable de réduire l’acidité de l’eau autour du corail. Enfin, on parlera des dégâts causés par la surpêche avec Philippe Cury, directeur de recherche à l’IRD et directeur du Centre de recherche halieutique méditerranéenne et tropicale de Sète

Une émission préparée par Tiphaine de Rocquigny

Intervenants
  • maitre de conférence en géographie à l'Université des Antilles et de la Guyane en Martinique
  • docteure en Géographie, enseignant-chercheur à l'Université Paris I
  • Economiste de l’environnement et chercheuse à l’IRD (institut de recherche et de développement)
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