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Le dragon chinois à la peine (4/4) - Après Tianjin, le défi environnemental

51 min
À retrouver dans l'émission

Troisième étape de notre série d'émissions consacrée à la Chine, ce matin: Après Tianjin, Pékin a-t-il enfin pris conscience de la crise écologique à venir ?

Statue de Mao Zedong à Shenyang, province du Liaoning, Chine.
Statue de Mao Zedong à Shenyang, province du Liaoning, Chine. Crédits : Sheng Li

Une émission préparée par Tiphaine de Rocquigny

Quatrième et dernière émission de notre série chinoise... Série à risque cette semaine : après celui de la réforme économique, de la crispation politique, de l'expansion territoriale, c'est de la pollution dont nous parlerons aujourd'hui...

A côté de la crise boursière, la fin de l’été reste marquée par les suites de l’explosion de Tianjin : pollution de l’air, pollution de l’eau, et cette image de centaines de poisson morts empoisonnés, flottant dans une rivière à 6 km du site…

Tianjin constituera peut-être un cas d'école des limites internes du modèle chinois : on découvre comme à travers des poupées russes ou des paravents, la possibilité d'une explosion gigantesque en zone habitée, derrière elle, un risque de pollution majeur, derrière lui une affaire de corruption locale pour stocker des produits chimiques, elle-même liée au destin de la ville comme un des principaux ports chinois...

Alors souvenez-vous, c’était il y a presque un mois, le 12 août dernier…

« C’est pas grave »… 159 morts, près de 800 blessés… Parmi les produits toxiques, notamment 700 tonnes de cyanure de sodium, qui se transforme au contact de l’eau en cyanure d’hydrogène mortel quand on le respire… Reste cette image aussi : celle de dizaines de containers Maersk calcinés, comme des baleines échouées, sur les rives du rêve chinois, un rêve de développement économique inachevé, ou coûteux :

Récemment un rapport de Berkeley indiquait qu’un décès en Chine sur 5 était du à la pollution de l’air… Et selon le FMI, elle coûterait 3 à 6 points de PIB par an à la Chine…


De tous les domaines de la politique intérieure chinoise, c’est aussi le seul qui a conduit à une brouille diplomatique avec les USA : quand l’ambassade à Pékin a publié son propre rapport sur les taux de pollution de l’air en 2011… en 2012, suite à cette affaire, le tourisme avait baissé…

Plus longue dans le temps, il y a aussi une pollution très liée au modèle de développement économique chinois : entre 17 et 36 % de la pollution totale renvoie à l’activité uniquement pour l’exportation… La pollution atteint un degré tel aujourd’hui qu’elle est la seule cause – avec celle des minorités – à produire des affrontements violents avec la police... Alors la terre chinoise (négligée) sera-t-elle ce qui fera couler la Chine ?


Là terre, ou les citoyens exaspérés ? Malgré un plan national lancé en 2013 par le gouvernement, 2013 est aussi l’année de violentes manifestations en défense de l’environnement…

Où en sommes-nous depuis ces deux ans ? Tianjin marquera-t-il une inflexion dans la protection de l’environnement ? L’approche de la Conférence mondiale sur le climat pourrait-elle changer quelque chose ? Pour en parler nous invitons le directeur de la revue Perspectives Chinoise , professeur des universités à l'INALCO, Jean-François HUCHET ...


A problèmes majeurs, mobilisation massive : depuis 2000-2006 les réseaux écologistes se développent et ils s’instutionnalisent… L'activiste Ma JUN est le directeur d'un des principales plateforme chargée de collecter les données située à Pékin... Nous l'entendrons en cours d'émission...

Et puis…

Toujours à Pékin, nous joindrons aussi Clémence DIBOUT , correspondante à Shanghaï pour France 24, elle vient de réaliser une enquête sur la politique anti-pollution...


« On respire le même air, on a le même destin » affirmait le président Xi Jinping dans une déambulation bien mise en scène en 2013 dans les rues de Pékin... Alors que des membres du parti quitteraient la ville pour s’installer dans des endroits plus respirables…

Et le 3 septembre, pour la parade, il a fallu que le parti arrête l’activité urbaine pendant des jours autour de Pékin pour rendre à la capitale son beau ciel bleu aujourd'hui disparu.

Intervenants
  • Président de l 'INALCO, professeur au Centre d'études français sur la Chine contemporaine (CEFC)
  • correspondante à Shanghai pour France 24
  • directeur de l'IPE (Institute of Public and Environmental Affairs), une des ONG les plus influentes du secteur.
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