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Le monde six pieds sous terre : les défis de l’archéologie (1/4) - D’Alep à Bamiyan, un patrimoine en danger

49 min
À retrouver dans l'émission

Nada Al Hassan
Nada Al Hassan Crédits : Radio France

Après plus de deux ans de guerre, la majeure partie du patrimoine archéologique et historique syrien serait aujourd’hui menacé de disparition, de pillage, ou d’éparpillement. Le constat émane du Conseil international des musées et de l’Unesco, qui le 25 septembre dernier, a dressé une « liste rouge d’urgence » des objets en danger dans ce pays, depuis le Metropolitan Museum of Art de New-York. Cette alerte n’est pas la première, le 20 juin dernier le comité du patrimoine mondial de l’Unesco décidait d’inscrire la totalité des sites syriens classés, sur la liste mondiale du patrimoine en péril. Mais que sait-on au juste sur les atteintes avérées aux vestiges archéologiques de Syrie ? Les images de tirs de roquettes sur le Crac des chevaliers (époque des croisades, XIIe, XIIIe siècles) ont fait le tour du monde. Celles de la destruction du minaret de la grande mosquée d’Alep également (le minaret datait du XIe siècle, la mosquée, elle, est du XIIIe…).

Les sites de Bosra, Palmyre, Apamée, sont également touchés… la vieille ville de Damas, elle, semble encore épargnée, mais pour combien de temps ? Résisterait-elle si les affrontements gagnaient le cœur de la capitale ?

Les sites archéologiques et historiques comptent parmi les « victimes collatérales » des conflits depuis toujours, mais depuis quelques décennies des textes comme la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (1954 – la Haye) protègent en théorie le patrimoine mondial de l’humanité. Avec quels effets? Quels sont les grands protocoles d’action mis en place par les instances internationales et les services archéologiques nationaux en cas de conflits? Ces procédures sont-elles respectées? Sont-elles utiles? Suffisantes? Les institutions internationales ont-elles « appris » à la lumière des expériences de ces dernières années? On pense en particulier au conflit irakien qui avait vu se succéder les scènes de pillages, voire, des destructions de sites archéologiques par les forces militaires en présence (y compris les Américains). Pour y voir plus clair sur ces questions nous recevons une responsable de ces questions à l’Unesco, Nada Al-Hassan.

Nous recevons ensuite Philippe Marquie depuis Bamiyan en Afghanistan où la mission archéologique française travaille sur le site-même des fameux bouddhas détruits.

Comment mener des travaux de conservation / des fouilles dans le contexte afghan aujourd’hui? Quels sont les dangers qui menacent les vestiges du passé? Au-delà des questions sécuritaires nous verrons que les questions écologiques et climatiques représentent un danger peut-être encore plus important.

Nous recevons ensuite René Elter depuis Jérusalem, archéologue chargé de mettre en valeur le patrimoine archéologique de Gaza, à l'agonie depuis le début du conflit.

Intervenants
  • Conservateur et ancien directeur de la Délégation Archéologique Française en Afghanistan
  • chef de l'unité Etats arabes au sein du département Patrimoine mondial de l'Unesco.
  • archéologue, chargé de la mise en valeur du patrimoine palestinien.

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