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Le monde six pieds sous terre : les défis de l’archéologie (2/4) - Le retour de la momie : l’enjeu des restitutions

50 min
À retrouver dans l'émission

Corinne Hershkovitch
Corinne Hershkovitch Crédits : Radio France

Deuxième émission de notre série sur l’archéologie : le retour de la momie, l’enjeu des restitutions. Depuis plusieurs décennies les demandes officielles de retour de pièces archéologiques dans leur pays d’origine se multiplient, du Pérou à l’Egypte. Ces demandes se fondent sur des considérations légales et historiques qui semblent évidentes : après tout, des pièces amassées dans les musées occidentaux pendant la période coloniale, ou en tout cas à l’issue de conflits, parfois de pillages, n’auraient-elles pas vocation à revenir d’où elles viennent? Dans le cas des pays comme la Turquie, l’Egypte, le Pérou, le Mexique, des enjeux politiques sont également à prendre en compte, la mise en valeur du patrimoine archéologique constituant bien souvent un enjeu d’identité nationale…

Reste que ces demandes, si fondées qu’elles paraissent, se heurtent bien souvent à des obstacles de toutes sortes. D’un point de vue légal, tout d’abord, le lien entre les vieilles civilisations et les Etats modernes est-il si évident? Quelle continuité entre l’Egypte des pharaons et celle d’aujourd’hui? Entre la Grèce ancienne et la Grèce contemporaine ? Entre l’Empire inca et la république du Pérou?

Ensuite la question de la sécurité et de l’entretien des œuvres, pose problème elle aussi : la « justice historique » doit-elle l’emporter systématiquement sur les enjeux de conservation lorsqu’il est évident que les objets ne seront pas en sécurité, qu’elles ne seront plus disponibles pour le public et la communauté scientifique internationale? Les pillages du musée du Caire, en 2011, ont donné un éclairage dramatique à cette question…

Pour mieux comprendre les enjeux juridiques, historiques, parfois idéologiques de la restitution des œuvres archéologiques, nous recevons une avocate spécialiste de ces questions, Corinne Hershkovitch.

Nous irons aussi demander à un égyptologue, Dimitri Laboury, de nous raconter l’histoire d’un objet emblématique de ce débat, le célèbre buste de Néfertiti du Neues Museum de Berlin, revendiqué par l’Egypte depuis les années 1930…

Nous demanderons aussi Mark Guillon, président de la société d’anthropologie de Paris, ce qu’il pense de la vague récente de demandes de restitutions d’objets à base de tissus humains : têtes embaumées ou fétiches. Les « restes humains » ont-il le même statut que les autres pièces archéologiques ? Faut-il les rendre aux communautés qui en font la demande (comme les têtes maories rendues par la France à la Nouvelle Zélande en 2012) ? Faut-il distinguer les objets « cultuels », dont la valeur symbolique demeure aujourd’hui, de ceux qui n’ont qu’un intérêt scientifique ?

Intervenants
  • avocate spécialiste en droit des oeuvres d'art
  • Inrap, président de la société d’Anthropologie de Paris
  • maître de recherches du Fonds national de la recherche scientifique en Belgique. Directeur du service d'histoire de l'art et archéologie de l'Egypte pharaonique à l'université de Liège.

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