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« Le sport c’est la guerre, les fusils en moins » (G. Orwell, 1945) (3/4) - Le football, terrain de guerre sociale

50 min
À retrouver dans l'émission

Depuis ses origines en Angleterre le football s’affirme comme un sport populaire, enraciné dans des quartiers, des territoires, des communautés, des classes sociales bien distinctes. Au fond, lorsque l’on supporte une équipe ce n’est pas seulement un collectif de 11 joueurs que l’on défend c’est aussi une certaine conception de sa propre identité sociale. Ce sentiment d’appartenance est particulièrement visible lors des grand derbies (les matchs opposant deux clubs d’une même ville), où ces antagonismes de classes sont exacerbés: on pense à la rivalité entre la Juventus et le Torino à Turin en Italie, à Galatasaray et Fernerbahçe à Istanbul en Turquie, ou encore à Boca Juniors et River Plate à Buenos Aires en Argentine...

Les rencontres entre Boca Junior et River Plate sont tellement brulantes que l’on ne parle pas de classico mais de « superclassico », un événement qui va bien au-delà de la simple rencontre sportive (le journal The Observer l’avait classé premier dans son classement des « événements sportifs à voir avant de mourir »).

D’un côté River, le plus anciens des deux clubs (créé en 1901), mais qui, après avoir déménagé dans le quartier plus huppé de Nuñez s’est accolé l’image d’un club bourgeois (le club de millionnaires, de « millionarios »). C’est le deuxième club le plus populaire d’argentine derrière Boca Junior (créé en 1905), les « Xeneize », qui a toujours conservé son ancrage dans son quartier d’origine et qui se veut le club des classes populaires.

Les exemples sont légions, nous en parlerons tout au long de cette matinée, et nous nous demanderons surtout, au-delà de ces grands affrontements qui ont fait l’histoire du football, ce qui se joue dans ces questions d’appartenance ?

Comment comprendre, aujourd’hui, les rivalités entre les clubs de football? Selon quelles logiques – sociales, identitaire, géographiques - se construisent les rapports des supporters à leur Club de cœur? Comment la professionnalisation, l’enrichissement ou encore le rachat de clubs par des acteurs extérieurs modifient-ils ces logiques? Comment lire les évolutions sociales et sociétales par le prisme du football?

Poser cette question du lien social dans le football, de la guerre sociale dans ce sport, oblige également à s’interroger sur les origines et l’actualité du phénomène du hooliganisme: cette violence est-elle inévitable? Comment l’Angleterre, l’Allemagne, les grands pays d’Europe confrontés à ce fléau, s’y sont-ils pris pour tenter de l’éradiquer? Quelles incidences sur la fréquentation des stades, et donc, sur le demandons à Nicolas Hourcade, sociologue et spécialiste du hooliganisme.

Direction encore Sao Paulo au Brésil, où l’ancien international Rai a lancé une fondation pour venir en aide aux enfants des quartiers déshérités : le foot peut donc aussi être un facteur d’intégration sociale, et pas seulement le cadre d’un affrontement.

Intervenants
  • sociologue à l'Ecole Centrale de Lyon, spécialiste du supportérisme et du hooliganisme, membre associé du centre d'analyse et d'intervention sociologique (Cadis - CNRS). Rédacteur du Livre vert du supportérisme.
  • ancien international de football, président de la fondation Gol de Letra.
  • Journaliste à So Foot
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