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Trajectoires africaines (1/4) - Dans le tumulte des urnes

50 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine Culturesmonde s’intéresse au continent africain, nous tacherons de brosser un portrait de l’Afrique, dans toute sa diversité, et sa complexité, une Afrique au pluriel donc… et selon quatre prismes: la démocratie, la sécurité, l'économie et la diplomatie climatique. Et pour commencer, cap sur des transitions démocratiques parfois tumultueuses…mais pas nécessairement avortées. C'est le cas du Nigeria où Mohamed Bouhari a officiellement pris les rênes du pays vendredi, après des élections unanimement saluées.

Passation de pouvoir entre (à g.) Goodluck Jonathan, ancien président du Nigéria & Mohamed Bouhari à Abuja, Nigeria.
Passation de pouvoir entre (à g.) Goodluck Jonathan, ancien président du Nigéria & Mohamed Bouhari à Abuja, Nigeria. Crédits : Afolabi Sotunde - Reuters

Cette semaine dans Culturesmonde, nous allons nous intéresser au continent africain, nous tacherons de dresser le portrait de l’Afrique, dans toute sa diversité, et sa complexité. Une Afrique au pluriel donc.

Et pour commencer, cap sur des transitions démocratiques parfois tumultueuses, mais pas forcément avortées. C’est le cas du Nigeria où Mohamed Bouhari a officiellement pris les rênes du pays vendredi, après des élections unanimement saluées.

« Le peule nigérian a montré sa foi en la démocratie. » Un sacre par les urnes. Des élections exemplaires. Transparentes. S’il est vrai que, Mohamed Bouhari, entré en fonction vendredi dernier, n’est pas franchement un novice en politique : ancien général de l’armée, il avait déjà pris la tête de l’Etat par un coup d’Etat en décembre 1983. Pourtant, il faut saluer une élection à l’issue de laquelle, fait rare – unique dans l’histoire du pays même ! – le président sortant, Goodluck Jonathan en l’occurrence, a admis sa défaite acceptant ainsi de laisser le pouvoir et de faire vivre la démocratie. Espérons qu’il en fera désormais bon usage.

La démocratie semble plus à la peine du côté du Burundi. Ce week-end, les chefs d’états est-africains étaient réunis en sommet pour évoquer cette crise. S’ils ont appelé à repousser les élections, ils n’ont pas demandé à l’actuel président burundais - Pierre Nkurunziza - de se retirer de la course. Les manifestants poursuivent donc leur mouvement, bien décidés à s’appuyer sur la loi, sur leur constitution, pour empêcher qu’il ne se représente et mettre un terme à des pratiques autocratiques.

Qu’est-ce qui contrarie, depuis l’amorce des transitions démocratiques dans les années 90, la sortie des autoritarismes ?

Ces chefs d’Etat sont-ils prêts à se plier aux appels de la rue ?

D’autres comme Joseph Kabila en République Démocratique du Congo, RDC, Ali Bongo au Gabon seront-ils empêchés de poursuivre sur le chemin de leurs présidents de père (Laurent Désiré et Omar Bongo) ? Sous quelles conditions ? Dans quelle mesure cela dépendra-t-il, aussi, de leur manière d’exercer le pouvoir et de redistribuer les richesses de leur pays trop souvent accaparées par un petit nombre ?

Nous écouterons un jeune activiste congolais Luc Nkulula, membre du mouvement citoyen la Lucha (Lutte pour le changement), dont le président Fred Bauma est détenu « préventivement » en prison depuis plus de 2 mois, officiellement pour haute trahison, officieusement pour s’être interrogé publiquement sur la gouvernance d’une république démocratique dirigée d’une main de fer par Joseph Kabila.

Puis nous irons du côté d’un pays où le spectre d’une nouvelle crise politique et institutionnelle se fait jour : Madagascar. Une semaine après qu’une écrasante majorité de députés a voté la destitution de leur président pour violation de la Constitution... Une décision, elle-même, peut-être, anticonstitutionnelle. Nous en parlerons avec Mireille Razafindrakoto , directrice de recherches à l’IRD.

Et pour commencer nous accueillons en plateau Jean-François Bayart .

Luc Nkulula, membre du mouvement citoyen congolais ici la Lucha, à réécouter ici: Le 15 mars dernier, des membres du Balai citoyen burkinabè ainsi que des « y’en a marristes » sénégalais étaient réunis à Kinshasa pour débattre de la bonne gouvernance et de la démocratie en Afrique. 30 personnes ont été arrêtées à l’issue de cette manifestation qualifiée par les autorités congolaises d’ « entreprise de déstabilisation » et de « promotion de la violence ». Depuis, les organisateurs de ce forum de discussion, la plateforme citoyenne Filimbi ont quitté la RDC pour fuir la répression. Arrêtés aussi, des militants d’un autre mouvement citoyen « la LUCHA », (acronyme de Lutte pour le changement), ont été libérés mi-mai, tous sauf Fred Bauma, leur président, toujours détenu pour « haute trahison ».

Luc Nkulula est membre, justement, de la Lucha.

Bienvenue en « République autocratique du Congo », pour reprendre les mots d’un autre activiste de la Lucha interviewé par RFI le 15 avril… On écoute Luc Nkulula , nous expliquer les raisons de sa colère, au micro de Clémence Allezard.

Écouter
7 min
Interview de Luc Nkulula par Clémence Allezard

En musique : Mbongwana Star

Electro "From Kinshasa" ; comme le nom de leur dernier album - sorti le 28 mai 2015 - l'indique.

On peut l'écouter ici.

Une émission préparée par Clémence Allezard

Trajectoires africaines
Lundi: Dans le tumulte des urnes

Mardi: Eradiquer la violence : les armées prises en défaut

Mercredi: Après la crise, le retour de l'hypercroissance

Jeudi: La diplomatie climatique

Intervenants
  • membre du mouvement citoyen congolais « La Lucha », (« Lutte pour le changement »)
  • chercheur à l'Institut de Recherche et de Développement
  • professeur à l'Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID, Genève)
L'équipe
Production
Réalisation
Production déléguée
Avec la collaboration de
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