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North Korean soldiers listen to President of the Presidium of the Supreme People's Assembly of North...
Épisode 2 :

Mondialistes versus souverainistes: le nouveau clivage politique

58 min
À retrouver dans l'émission

Nous nous demandions hier si la baisse du commerce international était l'un des signes de la démondialisation. Aujourd'hui nous allons faire un peu de science politique et nous demander quelles idéologies politiques se cachent derrière ce terme polysémique.

North Korean soldiers listen to President of the Presidium of the Supreme People's Assembly of North...
North Korean soldiers listen to President of the Presidium of the Supreme People's Assembly of North... Crédits : Jason Lee - Reuters

Si le concept recouvre plusieurs sens, il réunit également des mouvances politiques très différentes, parfois même a priori incompatibles ou opposées. Comment appréhender politiquement le "démondialisme" ? D'ailleurs qui sont les démondialistes ? Donald Trump aux USA, Marine Le Pen en France, ou encore Frauke Petry l’Afd en Allemagne, qui vient d’enregistrer une grande victoire hier, ce weekend en Poméranie Occidentale, face à la CDU d’Angela Merkel: tous dénoncent la mondialisation et se disent les défenseurs des peuples. Sont-ils les dé-mondialistes de demain?

A l’extrême-droite de l’échiquier politique, la mondialisation est considérée comme la cause de tous les maux qui accableraient les nations occidentales, esclaves de Bruxelles, du grand capital, d’instances technocratiques déconnectées des "vrais gens". Les détracteurs dénoncent pèle-mêle les migrants, l’Euro et l’Europe, l’islam. Que ce soit l’AFD en Allemagne qui surfe sur le rejet de la politique d’ouverture aux réfugiés menée par la chancelière, le FPO en Autriche, le FIDESZ hongrois de Viktor Orban, ou bien sûr le Front national de Marine Le Pen ; tous relaient l’idée d’une identité nationale menacée par la mondialisation.

A l'extrême gauche, c'est le libre-échangisme et la dérégulation qui sont pointés du doigt. On en appelle - comme à droite - au patriotisme économique, on décrie des élites déconnectées et des instances supranationales opaques et antidémocratiques. On le voit, les frontières sont poreuses entre dé-mondialistes "de gauche" et "de droite". Et les clivages traditionnels semblent caducs pour appréhender ce concept.

Mais l'Europe n'est pas la seule atteinte par ce mal. Aux États-Unis aussi, la mode est à la critique de la mondialisation et de ses effets néfastes. Les deux candidats à la Maison Blanche, Donald Trump et Hillary Clinton, semblent par exemple vouloir mettre un frein au libre-échangisme et protéger les Américains de la globalisation.

Le monde est-il en train de se convertir au "dé-mondialisme" ? Qui sont ces dé-mondialistes ? Quelle différence avec les altermondialistes des années 1990/2000 ? Comment définir ce projet politique ? Comment nous oblige-t-il à repenser le paysage politique classique ?

Une émission préparée par Clémence Allezard

Chroniques

11H55
5 min

Le Tour du monde des idées

Le Tour du monde des idées : Mardi 6 septembre 2016
Intervenants
  • enseignant en philosophie au King’s College de Londres
  • politologue, chercheur associé à l’IRIS
  • Professeur à l'université Descartes-Sorbonne, titulaire de la chaire de philosophie politique.
  • Professeure de science politique au Centre d’études européennes de Sciences Po, associate fellow de Nuffield College à Oxford

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