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Le parc national Egmont en Nouvelle-Zélande avec le Mont Taranaki au centre (image satellite)

Le droit au secours de la Terre

59 min

Environnement, avenir de la planète et de ses habitants, santé voici les thèmes du jour.

Le parc national Egmont en Nouvelle-Zélande avec le Mont Taranaki au centre (image satellite)
Le parc national Egmont en Nouvelle-Zélande avec le Mont Taranaki au centre (image satellite) Crédits : Handout/NASA/USGS - Reuters

En partenariat avec Le Monde, retrouvez chaque jour les articles Planète et Sciences dans le quotidien et sur LeMonde.fr

Aujourd’hui, à la veille de l’ouverture de la Cop 22 qui va se tenir, cette année, à Marrakech, au Maroc, du 7 au 18 novembre, nous posons la question de la justice climatique face à la destruction de la planète.

L'homme vit une période qu'il a lui-même enfanté, l’Anthropocène, avec toutes les transformations et les destructions qui en découlent, en cours et à venir. Mais face à cette mutation de notre environnement, des voix s'élèvent pour réclamer un "droit pour la terre", une législation qui prenne en compte "l'écocide", c'est-à-dire la destruction de la maison Terre en train de se jouer sous nos yeux. Faut-il punir ceux qui continuent de détruire l'environnement et qui, de fait, accentuent les injustices et les tensions géopolitiques ? Comment agir et faire reconnaître l’écocide comme le cinquième crime international ?

"Le droit au secours de la Terre", c’est le thème de notre première partie d’émission avec Valérie Cabanes, juriste en droit international, spécialisée dans les droits de l’homme, porte-parole du mouvement End Ecocide on Earth depuis 2013, et auteur du livre Un nouveau droit pour la terre paru aux éditions du Seuil, et avec Jean Jouzel, climatologue et glaciologue, co-auteur d’un avis rendu sur la Justice climatique au Conseil économique, social et environnemental, et préfacier du livre Justice climatique , paru aux éditions Bruylant.

le Monde
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Et en seconde partie, vers 16h45, dans « Les Echos de la terre », nous inaugurons notre partenariat avec le service Planète et Science du journal Le Monde, dont les contenus sont à retrouver chaque jour dans le quotidien et sur le site du journal, et également sur le site de l’émission… Et pour cette première, nous avons choisi de faire un retour sur un dossier inédit publié la semaine dernière et qui a suscité des surprises et des réactions, dossier intitulé « Les vrais chiffres du cancer » en France. Avec nous, pour en parler, deux des trois journalistes auteurs de cette enquête, Sandrine Cabut (des pages Science Médecine) et Gary Dagorn (du service des décodeurs).

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REVUE DU WEB DE L'ENVIRONNEMENT

  • Pour suivre l’actualité environnementale au fil des jours, consultez l’univers Netvibes d’Anne Gouzon de la Documentation de Radio France (Utilisez de préférence Firefox ou Google chrome) Netvibes - L’ACTUALITÉ ENVIRONNEMENTALE

  • Découvrez aussi des initiatives écolos et solidaires sur son Twitter : Initiavertes

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POUR ALLER PLUS LOIN EN QUELQUES CLICS

Sites Internet et associations

  • Le site de Valérie Cabanes, juriste en Droit International et spécialisée dans les Droits de l’Homme

  • Le site de Jean Jouzel au CESE

  • Notre affaire à tous” est une association créée en 2015 pour faire respecter et améliorer le droit actuellement en vigueur, notamment à travers l’inscription dans la Charte de l’environnement de la lutte contre le dérèglement climatique, l’octroi au Procureur pénal européen de la compétence environnement, la formation des magistrats ou encore l’inscription de l’écocide comme cinquième crime reconnu par la Cour pénale internationale. Valérie Cabanes est un des membres fondateurs.

  • Le mouvement citoyen End Ecocide on Earth (EEE), vise à faire reconnaître le crime d’écocide par le droit pénal international, comme cinquième crime pouvant être poursuivi devant la Cour Pénale Internationale au même titre que le crime contre l’humanité, le crime de génocide, le crime de guerre et le crime d’agression.

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Rapports, lois, études...

  • La conférence de Stockholm ou Conférence des Nations Unies sur l'environnement s’est tenue en 1972. C’est la première conférence à placer les questions écologiques au rang de préoccupations internationales. Il y fut examiné la nécessité d'adopter une conception commune et des principes communs qui inspireront et guideront les efforts des peuples du monde en vue de préserver et d'améliorer l'environnement. Les participants ont adopté une déclaration de 26 principes et un vaste plan d'action pour lutter contre la pollution dont la création du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

-Télécharger la Déclaration de Stockholm

  • La Charte mondiale de la nature , proclamée le 28 octobre 1982, sous la forme d'une résolution. Cette « Résolution 37/7 de l'Assemblée générale des Nations-unies » consacre l'importance pour la survie de l'humanité de la protection de la nature, des écosystèmes et de la biodiversité.

Elle préfigure la notion de développement durable qui apparaîtra dans le rapport Burtland puis dans le sommet de Rio en 1992.

- Télécharger (en français) La Charte mondiale de la Nature

- Télécharger (en anglais) le document original : World Charter for Nature

  • Le rapport Burtland (du nom de la présidente du rapport), appelé aussi, Notre avenir à tous (Our Common Future), fut rédigé et déposé en 1987 par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement (CMED).

Le rapport montre la nécessité d’agir en coopération afin de préparer un avenir prospère et équitable pour tous dans un monde où l’environnement se fragilise de jour en jour face aux conséquences de l’activité humaine.

Apparaît également des principes juridiques communs en matière d’environnement et de développement durable :

  • principes généraux, droits et responsabilités ;
  • principes, droits et obligations relatifs aux ressources naturelles et interférences environnementales ; • responsabilité des états ;
  • règlements pacifiques des différends. Utilisé comme base au Sommet de la Terre de 1992, ce rapport utilise pour la première fois l'expression de « sustainable development », traduit en français par « développement durable ».

- Télécharger le rapport Burtland : Notre avenir à tous

  • La Convention d'Aarhus, pilier de la démocratie environnementale : Toute personne a le droit d'être informée, de s'impliquer dans les décisions et d'exercer des recours en matière d'environnement. Tel est, en résumé, le contenu de la Convention d'Aarhus.

Ce texte essentiel contribue à créer la confiance du citoyen envers ses institutions, et plus largement, leur fonctionnement démocratique.

En offrant au citoyen une place dans les débats environnementaux, elle rencontre les exigences de transparence et de proximité, synonymes de bonne gouvernance publique.

La Convention d'Aarhus consacre trois droits fondamentaux pour les citoyens et les associations qui les représentent :

  • L'accès à l'information sur l'environnement
  • La participation au processus décisionnel
  • L'accès à la justice Site de la convention Aarhus

- Site de la convention Aarhus

- Télécharger la convention : Convention sur l'accès a l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès a la justice en matière d'environnement

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Evénements

  • Le Tribunal Monsanto, une mobilisation internationale de la société civile pour juger Monsanto pour violations des droits humains, pour crimes contre l‘humanité et pour écocide. Le tribunal s’est déroulé du 14 au 16 octobre 2016 à La Haye en présence notamment de Corinne Lepage, avocate, ancienne Ministre Française de l'Environnement.

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LES ECHOS DE LA TERRE

  • Cancer : « Le Monde » révèle des hausses inquiétantes pour certaines tranches d’âge.

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LE PLUS ET LE MOINS

LE PLUS : PROTECTION BIODIVERSITE - Le plus grand sanctuaire marin au monde va voir le jour en Antarctique

Un communiqué de la Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) annonce la création d’une aire protégée de 1,55 million de km2 en mer de Ross avec une protection spéciale contre les activités anthropiques.

Une excellente nouvelle, d’autant plus qu’il aura fallu beaucoup de travail pour en arriver là comme le rappelle Andrew Wright, secrétaire exécutif de la CCAMLR : « Des négociations d'une incroyable complexité se sont poursuivies pendant six réunions annuelles et ateliers d'intersession de la CCAMLR, dans lesquelles de nombreux pays membres ont placé leurs espoirs et préoccupations. Il reste encore plusieurs détails à régler à l'égard de l'AMP mais l'établissement de la zone protégée n'est pas remise en cause et nous sommes particulièrement fiers d’en être arrivés là. » Avant d’ajouter : « Cette décision représente un niveau de coopération internationale pratiquement sans précédent autour d'un vaste écosystème marin composé d'habitats benthiques et pélagiques importants »

La nouvelle aire marine protégée (dès décembre 2017) aura pour objectif la conservation et la protection des habitats, le suivi de l’écosystème et la gestion des pêcheries. Pour ça, certaines activités seront limitées ou totalement interdites et une zone « sans capture », dans laquelle toute activité de pêche sera prohibée va être mise en place. Dans d'autres parties, la pêche au poisson et au krill sera autorisée, mais uniquement à des fins de recherche scientifique.

Par la création de cette AMP, l’espoir est de voir les stocks de poissons se reconstituer, favoriser les processus écosystémiques, faciliter le suivi des changements de l'écosystème et préserver la diversité biologique. D’un point de vue scientifique les zones fermées à la pêche, ou dans lesquelles les activités de pêche sont limitées, peuvent être utilisées par des scientifiques à titre de comparaison avec des zones ouvertes à la pêche. Les scientifiques peuvent alors étudier les impacts relatifs de la pêche et d'autres changements, tels que ceux résultant du changement climatique.

- Le communiqué de la CCAMLR : La CCAMLR crée la plus vaste aire marine protégée du monde

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LE MOINS : POLLUTION ATMOSPHERIQUE - Nouveau rapport alarmant de l’UNICEF : 300 millions d’enfants vivent dans des régions où l’air est toxique

En utilisant les images satellites de la pollution de l’air extérieur, le rapport, Assainissons l’air pour les enfants, de l’UNICEF fait le constat inquiétant que près d’un enfant sur sept, soit quelque 300 millions, vit dans une région où le niveau de toxicité de l’air extérieur dû à la pollution dépasse d’au moins six fois les directives internationales.

« La pollution de l’air contribue grandement au décès de quelque 600 000 enfants de moins de cinq ans chaque année et menace la vie et l’avenir de millions d’autres chaque jour », affirme le Directeur général de l’UNICEF, Anthony Lake. « Les matières polluantes ne se contentent pas d’endommager les poumons des enfants, elles peuvent aussi franchir la barrière hématoencéphalique et endommager définitivement leur cerveau en développement. Leur avenir en sera compromis. Aucune société ne peut se permettre d’ignorer la pollution. »

Les enfants sont particulièrement vulnérables à la pollution atmosphérique, plus que les adultes, en raison de leur physiologie : leurs poumons, leur cerveau et leur système immunitaire sont toujours en développement et leurs voies respiratoires sont plus perméables. Les jeunes enfants respirent aussi plus vite que les adultes et aspirent plus d’air relativement à leur masse corporelle.

Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le taux de mortalité des moins de 5 ans pourrait être de 50 % plus élevé que les estimations actuelles d’ici à 2050, en raison de la pollution de l’air extérieur. Une autre étude publiée dans Nature indique que cela pourrait être encore pire – le taux pourrait doubler d’ici à 2050.

Grâce à l’imagerie satellite il a pu être observé qu’environ deux milliards d’enfants vivent dans des régions où la pollution atmosphérique causée par les émissions des véhicules, l’utilisation intensive de carburants fossiles, la poussière et l’incinération des déchets dépasse les normes minimales de qualité de l’air fixées par l’OMS. Le rapport se penche aussi sur les lourdes conséquences de la pollution à l’intérieur des bâtiments, qu’entraîne l’utilisation de combustibles comme le charbon et le bois pour cuisiner et se chauffer, et qui touche essentiellement les enfants de familles à revenu faible vivant en zone rurale.

L’UNICEF demande aux dirigeants de la planète qui participent à la COP22 qui commence le 7 novembre de prendre quatre mesures d’urgence dans leur pays respectif pour protéger les enfants de la pollution atmosphérique :

  • Réduire la pollution : tous les pays devraient s’efforcer de respecter les normes internationales de qualité de l’air fixées par l’OMS, afin de favoriser la sécurité et le bien-être des enfants.
  • Augmenter l’accès des enfants aux soins de santé : investir dans les soins de santé généralement destinés aux enfants, y compris les campagnes de vaccination.
  • Minimiser l’exposition des enfants à la pollution : Les sources de pollution, comme les usines, ne devraient pas se trouver près des écoles et des terrains de jeu.
  • Minimiser l’exposition des enfants à la pollution : Les sources de pollution, comme les usines, ne devraient pas se trouver près des écoles et des terrains de jeu.

D’autre part, les avantages liés à la réduction de la pollution atmosphérique vont bien au-delà de la santé des enfants : les actions et les investissements qui réduisent la pollution de l’air peuvent également contribuer à la croissance économique et à la lutte contre les changements climatiques.

Mais comme le déclare Anthony Lake, le plus important à retenir est que « Quand nous protégeons la qualité de l’air, ce sont nos enfants que nous protégeons ».

- La synthèse (en français) du rapport de l'UNICEF : Assainissons l’air pour les enfants

- Le rapport (en anglais) de l'UNICEF : Clear the air for children

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