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"Angoisse, le double secret" de Max Dorra

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C’est un livre écrit par Max Dorra paru dans la collection Voix libres aux éditions Max Milo. L’angoisse, comme l’indiquent le titre et le sous-titre, recèle un double secret : celui de toucher chacun d’entre nous, individuellement, mais celui aussi de nous toucher tous ensemble, également.

Il y a peu, j’avais parlé d’un livre paru dans cette même collection, un livre de Simon Critchley sur les Lettres de suicides, là, après le suicide, il est question de l’angoisse… on reste donc dans une tonalité quelque peu noire, mais non pas désespérée, là non plus. Car l’angoisse, comme l’indiquent le titre et le sous-titre, recèle un double secret : celui de toucher chacun d’entre nous, individuellement, mais celui aussi de nous toucher tous ensemble, également.

C’est une première découverte que l’on fait en lisant la première partie de ce livre : angoisse, déprime, délire, à ces maladies qui nous affectent individuellement, il faut surtout ajouter cette maladie géniale, géniale pas en tant que telle, mais trouvaille géniale de Max Dorra : la maladie de la valeur, qui nous affecte collectivement, qui nous touche tous, également, et même démocratiquement, maladie où chacun d’entre nous doit savoir se vendre, devient ainsi une valeur d’échange et se doit d’être évalué, désigné, catalogué aussi par les autres, jusqu’à jouer de lui-même le rôle qu’on lui a assigné.

Et là est la deuxième découverte, et deuxième partie de ce livre : parce qu’on joue un rôle, parce qu’on nous assigne à une place, il y a quelque chose du cinéma dans nos vies. Mais plus que cela, il y a quelque chose du cinéma parce que s’y élaborent des montages : les souvenirs que l’on garde sont triés, associés d’une certaine manière et ils font surgir un sens, un certain sens, et ils forment une identité complètement montée.

Ce double secret, partagé avec les autres et avec soi-même, se noue ainsi au cœur de notre angoisse. Mais jusqu’où comprendre ce montage de nos consciences et de nos mémoires peut-il nous libérer ? Et jusqu’où avons-nous le pouvoir du cinéaste-démiurge de recoller les morceaux ? Comme je le disais au début, l’angoisse n’a bizarrement rien ici de désespérée, car cette idée de montage qui se révèle, mais aussi cette idée de maladie de la valeur qui est sue, mais ici nommée, dévoilée, a quelque chose de jubilatoire. Enfin, il se dit le secret que l’on a toujours su et on avait raison !

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