LE DIRECT

" Anthropologie amérindienne" de Franz Boas

2 min
À retrouver dans l'émission

C’est un ouvrage d’anthropologie, plus précisément : il s’agit d’un recueil de textes d’anthropologie, d’anthropologie amérindienne, tous écrits par Franz Boas, choisis, ici, traduits et présentés par Isabelle Kalinowski et Camille Joseph.

Franz Boas, pour rappel ou pour ceux qui ne le connaissent pas, est le père fondateur de l’anthropologie américaine : né en Allemagne en 1859, disparu en 1942, selon la légende dans les bras de Lévi-Strauss lors d’un dîner à New-York, il avait émigré aux Etats-Unis à la fin des années 1880, où il était devenu le directeur de la section d’anthropologie du musée d’Histoire naturelle de New York puis professeur à l’université Columbia.

Dans ce recueil qui rassemble donc tout un ensemble de ses textes, sur les tribus indiennes du Nord-Ouest des Etats-Unis, allant de la question des langues à celle de l’art, en passant par l’anthropométrie et les migrations, l’organisation sociale, les rituels et les sociétés secrètes ou encore les mythes et les légendes, on prend la mesure de cette vie consacrée à l’anthropologie, dédiée à collecter récits, partitions musicales, photographies, statistiques, rêves et dessins. Mais on prend aussi, plus simplement, connaissance d’une figure centrale de l’anthropologie dont les principaux écrits sont traduits ici pour la 1ère fois, et surtout d’une certaine manière de faire de l’anthropologie : celle qui accorde toute son attention à la langue, trop négligée selon Boas. Car c’est bien la langue qui régit tout autant les échanges sociaux, que la transmission des mythes, ou encore, qui ponctue les cérémonies et les rituels.

Mais que dire de la langue ? Ou mieux, que nous dit la langue ? Ses accents, son rythme, sa grammaire, signifient-ils plus que ses mots ? Pour Boas, la langue, c’est la clé de l’interprétation de la culture, et sa grammaire dont on peut comparer les variations, met au jour, plus que des catégories linguistiques, des catégories d’expérience, et de l’identité. Car si la langue varie au rythme de ses accents, de ses lieux, d’une personne à l’autre, elle révèle bien ainsi la plasticité de chacun d’entre nous.

Bibliographie

.

Anthropologie amérindienneFranz BoasFlammarion/ Champs.Classiques, 2017

L'équipe
Production
Avec la collaboration de
À venir dans ... secondes ...par......