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"Baudelaire" par Gérard Macé et "Tolstoï" par Stefan Zweig

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À retrouver dans l'émission

Deux livres : l'un sorti la semaine dernière : Baudelaire, par le poète Gérard Macé, et Tolstoï par Stefan Zweig, qui sort, lui, ce jeudi, mais qui a déjà été publié... en 1939.

Deux livres donc, de la même collection, « Les auteurs de ma vie » chez Buchet Chastel, dont l'idée est de donner à entendre, sous la forme d'un portrait, toute l'admiration d'un écrivain pour un autre écrivain.

Pour Zweig, Tolstoï, c'est ainsi, je cite « un artiste supérieur et en même temps un exemple moral, un homme qui, au lieu de régner en vertu de sa propre gloire, se fait le serviteur de l'humanité, et qui, dans son effort pour découvrir la véritable éthique, repousse toutes les autorités de la Terre et ne se soumet qu'à une seule : sa propre et incorruptible conscience ».

Bien différent, et presque inverse est l'admiration de Gérard Macé pour Baudelaire : ce qui lui a plu et lui plaît encore lui, au bout d'années en compagnie de l'auteur des Fleurs du Mal, c'est un mot, le mot « spleen » qui, je cite, « renverse l'idéal et rend désirable la mélancolie », ce qui le touche, c'est donc bien, dans son cas, l'amoralité de Baudelaire, ses « postures acrobatiques, l'imagination dans l'art, les inventions de la mode, ou encore les excentricités du dandy ».

Mais, entre le goût de l'humanité que détecte Zweig chez Tolstoï et l'éloge du singulier par Baudelaire que chérit Macé, ce qui est frappant, c'est bien la manière dont un écrivain peut lire, et donner à lire un autre écrivain. Alors que les institutions ont érigé ces écrivains au rang de classiques, comment ne pas en faire ni des modèles écrasants, ni les édulcorer, mais les rendre à leurs failles pour encore nous inspirer ?

En creux de ces portraits, c’est donc bien cette question de l'inspiration qui se poser : comment la trouver dans des vers, dans des œuvres, chez des écrivains, tant et tant relus ? Tolstoï comme Baudelaire ont pourtant eu leurs failles d'inspiration : Tolstoï l'a perdue en gagnant la foi religieuse, Baudelaire n'a plus eu, tout à coup, le feu sacré que procure un poème. Voici alors, pour finir, une hypothèse : et si les génies devenaient des muses plus pour ces fragilités que pour leur force à traverser les siècles ?

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