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Bibliothèque classique infernale: l'au-delà de Homère à Dante

2 min
À retrouver dans l'émission

On découvre dans cette anthologie que la pensée gréco-latine regorge d’une littérature infernale, qui ne se lasse pas de penser la mort, de s’émerveiller ou de s’effrayer de l’au-delà.

« Dieux d’ici-bas, d’en haut, opulent roi des morts (…), je vous supplie, laissez-moi dire impunément tous les secrets cachés et enfouis dans l’en-bas ! Là où Sparte au Ténare élève un mont fameux, où d’épaisses forêts font ombrage à la mer, là, de l’odieux Pluton la demeure a sa porte. Le roc bée largement, et dans cet antre immense un gigantesque abîme ouvre sa vaste gorge, large route accessible à toutes les peuplades ».

Dans sa tragédie Hercule furieux, Sénèque donne la parole à Thésée pour décrire les enfers, mais à côté de cette tragédie, il y a aussi les traités de Sénèque sur la mort : De la brièveté de la vie, ou encore Sur la tranquillité de l’âme, pour ne citer qu’eux. Et à côté de ces quelques lignes et de ces grands textes de Sénèque, on pourrait aussi citer l’Enéide de Virgile qui voit Enée réveiller, je cite, « ces lieux des Ombres, du Sommeil et de la Nuit endormeuse », mais aussi Eschyle avec sa tragédie Les perses qui fait revenir le roi Darios sous forme de fantôme, ou encore Aristophane qui tourne en ridicule les morts dans Les grenouilles, et puis pourquoi ne pas citer également : Platon et ses mythes sur l’au-delà de l’âme, Plutarque et ses consolations laissées aux endeuillés… Et même L’astronomie d’Hygin qui propose un zodiaque infernal où le sagittaire est un centaure, par exemple.

Comme on le découvre dans cette anthologie, la pensée gréco-latine regorge d’une littérature infernale, qui ne se lasse pas de penser la mort, de s’émerveiller ou de s’effrayer de l’au-delà, au point de parvenir à une étrangeté : comment la mort est-elle un lieu tout autant fantastique qu’elle est devenue un lieu commun de nos œuvres ? Pourquoi ne parvient-on jamais à se familiariser avec la mort ? Quelle est son étrangeté radicale, ce secret qui résiste à tous nos récits ?

Jusqu’à Dante, dont on trouve une annexe à la fin de cette anthologie, l’enfer fascine, l’enfer divise, l’imagination, les formes, les voiles, mais comme on le disait d’Orphée, jamais pour susciter la dispute, mais pour « dire de grandes choses ».

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