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"Le goût de l’absolu" , anthologie par par Elisabeth Barillé

2 min
À retrouver dans l'émission

Voici une petite anthologie qui réunit une poignée de fanatiques de l'absolu.

« L'univers du studio d'enregistrement est un milieu très cloîtré ; c'est pourquoi je l'aime tant. Et lorsque je dis « cloîtré », ce n'est pas au seul sens physique du terme que je parle. Ce dont je veux parler en réalité, c’est de l'idée que le studio constitue très littéralement un milieu dans lequel le temps peut tourner sur lui-même, dans lequel, comme dans un cloître, on devient capable de s'abstraire de la poursuite effrénée d'une succession d'événements quotidiens, momentanés, éphémères ».

Glenn Gould dans son studio, Gatsby le magnifique et son baiser à Daisy, Louise Michel et le don de soi à la politique, ou encore le renoncement définitif mais infini de la Princesse de Clèves... ou encore Camille Claudel et son acharnement à sortir de l'asile où l'on a jetée... Tous témoignent, fiction ou réalité, imagination ou histoire, du goût de l'absolu.

Et il y en a bien d'autres encore : Simone Weil, Antonin Artaud, Kafka, Giacometti, les frères Van Vogh... c'est une poignée de fanatiques de l'absolu qui sont réunis ici, en quelques pages sous la forme d'une petite anthologie...

Ce petit livre qui les réunit est donc une entreprise bien étrange : car vouloir réunir quelques lignes d'absolu, vouloir contenir ce qui est forcément excessif, ce qui n'a pas de limites, semble précisément relever d'une entreprise impossible. De la même manière qu'Aurélien ne peut pas dire d'où vient le goût de l'absolu de Bérénice, il semble y avoir une impossibilité à saisir l'absolu en quelques pages.

Et pourtant, de la même manière aussi que Glenn Gould évoque le lieu confiné du studio comme ce qui nous abstrait du quotidien, l'absolu n'a bizarrement pas besoin d'espace pour se déployer. Au contraire : Flaubert, de son côté, rêvait ainsi d'écrire un livre sur rien, « qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l'air : les œuvres les plus belles sont bien celles où il y a le moins de matière : plus l'expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparaît ».

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