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Portrait de Jacques Derrida en 1996

"Dictionnaire Derrida" de Charles Ramond

2 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi un dictionnaire sur la pensée de Derrida? Peut-être pour monter comment les mots résonnent chez celui qui les considère plus comme des obstacles que des tremplins.

Portrait de Jacques Derrida en 1996
Portrait de Jacques Derrida en 1996 Crédits : Leemage - AFP

Jacques Derrida ou la tentative de souligner toute la dimension artificielle d’une situation, d’une relation, ou d’un entretien dans ce que l’on vient d’entendre. Ou on pourrait dire, plus largement et pour saisir toute son entreprise, la tentative de Jacques Derrida de toujours déconstruire le langage dans lequel nous sommes piégés.

Dit ainsi, le geste du philosophe est assez simple. Et l’idée d’un dictionnaire de sa pensée semble évidente : il s’agit de voir comment résonnent les mots chez celui pour qui ils sont précisément plus des obstacles que des tremplins, chez celui pour qui « nommer » revient à s’engluer dans le langage, telle une « mouche dans un rouleau de papier plein de miel ».

Dit ainsi, ce serait donc assez simple : mais, en fait, comment faire son dictionnaire quand tout est à déconstruire ? Comment même encore parler si l’on est toujours piégé ? La question se pose d’autant plus quand on découvre ce vocabulaire très enrichi et tout autant déconcertant de Derrida : car comment entendre ses mots à lui ?

C’est quand même à lui, je le rappelle, que l’on doit un titre comme « L’animal que donc je suis », ou un mot comme « circonfessions » ; et c’est aussi à lui que l’on doit des termes composés, comme « grammatologie », « onto-spéléologie » composé de « ontologie » et « spéléologie », soit la « connaissance des cavernes », ou encore ce terme composé d’« anaparalyse » fait d’« analyse » et de « paralyse » qui désigne, je cite, « ce vieux couple qui a envahi notre domesticité la plus privée », càd Platon qui analyse et Socrate qui paralyse. Et enfin, c’est aussi à Derrida que l’on doit des termes indécidables tels « arriver », « pharmakon », « sans / sang »…

Bref, la liste est longue, c’est celle de ce dictionnaire que l’on se délecte en fait à découvrir. C’est mieux qu’une monographie, c’est plus accessible qu’un texte de Derrida en 1ère lecture, et c’est réjouissant de surprise, c’est le « gl » de « glas » qui traduit le moment de l’émotion où la gorge se serre par exemple, et puis c’est aussi un peu agaçant, c’est toujours et encore le fameux « a » de sa « différance ».

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