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Gene Kelly dans la fameuse scène Singin' in the rain de Stanley Donen

Histoire buissonnière de la pluie

2 min
À retrouver dans l'émission

Alors même qu’il commence à faire beau, j'ai choisi de vous parler aujourd'hui d'Une histoire buissonnière de la pluie d'Alain Corbin. Car, dans ces cas-là, on est toujours frappé par le nombre de commentaires qui se félicitent de ce beau temps et combien un ciel gris est plombant.

Gene Kelly dans la fameuse scène Singin' in the rain de Stanley Donen
Gene Kelly dans la fameuse scène Singin' in the rain de Stanley Donen Crédits : LEEMAGE - AFP

Comme le rappelle Alain Corbin, dès les premières lignes de son petit livre, depuis « la fin du XVIIIème siècle, je cite, s'est intensifiée la sensibilité de l'individu aux phénomènes météorologiques », il « s'est exacerbée la météo-sensibilité ». Et qu'il fasse beau ou qu'il pleuve, nos humeurs semblent déterminées par le ciel.

Mais que faut-il entendre alors ici par « déterminées » ? Certes, Montesquieu avait élaboré une théorie des climats pour penser l'esprit des lois de chaque peuple, mais de là à déterminer nos humeurs, il y a un monde... Si le soleil nous réchauffe le corps et le cœur, faudrait-il en déduire que la pluie nous met nécessairement le moral dans les chaussettes ? Faudrait-il, comme le mentionne Alain Corbin, en faire, à la manière de Baudelaire, un des éléments du spleen ? Ou comme Maine de Biran, faire du mauvais temps, temps instable par excellence, ce qui provoque forcément du mauvais sang et nous voue à l'imprévisible ?

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C'est pourtant oublier que la pluie a ses vertus... celle d'abord de nous encourager à nous mettre à l'abri, à nous protéger, pour reposer notre corps et laisser notre âme voyager, comme l'encourage Bernardin de Saint-Pierre, ou au contraire, pour s'abandonner, tel Victor Hugo avec Juliette Drouet, sous un petit coin de parapluie comme dans un petit coin de paradis ; la vertu, aussi, de nous mettre à fleur de peau, de nous rendre plus sensible, et Thoreau, dans son livre Walden, fait ainsi de la pluie le moment parfait pour contempler le globe ; et enfin, ce n’est pas la moindre de ses vertus, la pluie n’est pas sans bénéfice politique : dès lors, au moins, que les chefs y font face comme ils feraient face à cette adversité qui nous touche tous démocratiquement... et de François Hollande sous la pluie à cette théorie météorologique de nos humeurs, il n'y a donc qu'un pas.

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