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Portrait de Germaine Necker, Baronne de Staël Holstein dite Madame de Staël (1766-1817)
Épisode 3 :

Comment se pense le négatif ?

2 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd'hui encore nous parcourons le bel ouvrage de Stéphanie Genand, qui a pour enjeu de faire le portrait de cette œuvre en prenant appui sur ce qui précisément peut faillir : ses zones d'ombre, ses cassures et son inconscient.

Portrait de Germaine Necker, Baronne de Staël Holstein dite Madame de Staël (1766-1817)
Portrait de Germaine Necker, Baronne de Staël Holstein dite Madame de Staël (1766-1817) Crédits : FineArtImages/Leemage - AFP

Mais comment évoquer, cerner, embrasser une telle œuvre, riche, multiple et mouvementée, en partant au contraire de ce qui lui manque ? Et comment entendre ce manque, cette « pensée du négatif » pour reprendre le sous-titre de l'ouvrage ? Ce sont bien les questions que l'on peut adresser à ce livre.

La première réponse, on l'a vu hier, consiste d'abord en un geste, celui d'une écriture qui veut faire entendre des discours aliénés, d'une écriture qui nous fait écouter ceux qui s'expriment autrement que par la langue, qui dévoile par les mots ceux qui manquent à certains. De la langue faite de mots, Germaine de Staël, avec ses 1ères fictions et ses 1ères héroïnes, nous fait ainsi passer au langage invisible et inconscient de l'âme.

Mais suffit-il de dire ce qui manque pour penser le négatif ? L'enjeu est de taille, car il n'est pas seulement littéraire... il est aussi anthropologique, politique et autobiographique. Et c'est bien une deuxième réponse qu'apporte ici la deuxième partie de l'ouvrage de Stéphanie Genand : révélant les tenants des essais de Germaine de Staël, comme De l'influence des passions, Des circonstances actuelles, ou encore De la littérature, on découvre son entreprise d'étudier les hommes pour eux-mêmes, et non pas ce qu'on en dit, d'atteindre une pureté paradoxale des passions, mais aussi un décentrement du moi à partir de réflexions pourtant centrées sur le moi.

En creux de la question de l'aveuglement avec la Terreur, en creux de la question de l'émancipation féminine, en creux aussi de la question du mensonge dans la fiction, Germaine de Staël trace ici le négatif de son époque, comme le négatif d'une photo : inversant les couleurs et faisant de tout ce qui est véritablement négatif -le mal, l'aliénation, le faux- la source possible de vérités supérieures.

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