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"La démocratie aux champs" de Joëlle Zask

2 min
À retrouver dans l'émission

La culture de la terre semble une ressource inépuisable pour penser la démocratie, et semble surtout bien plus, au final, qu'une image... Toutefois, cette idée d'une culture de la terre pour penser la démocratie est-elle si naturelle ?

Pour tenter de définir la démocratie ou la république, on trouve un certain nombre d'images : tantôt elle est ainsi comparée à un corps dont les membres sont régulés par la tête, d'autres fois c'est une ruche où la coopération, par le travail et l'intérêt, règne en maître, ou encore, parfois, elle va jusqu'à ressembler à un monstre, tel le Léviathan de Hobbes. Mais une autre métaphore peut s'imposer (presque) naturellement : et c'est celle du jardin !

Que l'on pense à Adam à Eden, au président farmer, Jefferson qui prônait l'autogouvernement, à Rousseau, bien sûr, de son utopie agricole de Clarens à l'éducation d'Emile dans la nature, à Locke et sa répartition de la terre, ou encore à Emerson dont le philosophe cultivateur gouverne ses pulsions face à son environnement, ou plus récemment à des initiatives citoyennes comme les jardins partagés, la culture de la terre semble une ressource inépuisable pour penser la démocratie, et semble surtout bien plus, au final, qu'une image...

Toutefois, cette idée d'une culture de la terre pour penser la démocratie est-elle si naturelle ? L'essai de Joëlle Zask, nous dit-elle, « a pour ambition de montrer que notre idéal de liberté démocratique ne vient en priorité ni de l'usine ni des Lumières ni du commerce, de la ville, ou du cosmopolitisme, mais de la ferme », ambition qui sous-entend que de la culture démocratique, il ne resterait que la culture, et rien de la nature... Qu'aurait-on alors perdu en oubliant sa dimension agricole ? Ou en forgeant la figure réductrice du paysan propriétaire replié sur son lopin de terre ? Et peut-on penser la démocratie à partir du jardin ou de la ferme sans défendre l'enracinement ?

Loin de défendre un retour à la terre, Joëlle Zask, en spécialiste du pragmatisme, préfère en fait l'idée d'expérience : celle qui nous met en lien, sans nous attacher, à la terre et qui oblige à « cultiver notre jardin », tel que le disait cette fois-ci Voltaire.

Bibliographie

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La démocratie au champs Joëlle ZaskLes Empêcheurs de penser en rond, 2016

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