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Odysseus in the Cave of Polyphemus par le peintre Jacques Jordaens / wikipédia

" La ruse et la force. Une autre histoire de la stratégie" de Jean-Vincent Holeindre

2 min
À retrouver dans l'émission

Qu'est-ce qui peut réunir Ulysse, le héros grec dépeint par Homère dans l'Iliade et l'Odyssée, Le Prince à qui Machiavel dispense tout son savoir, et l'espion qui use de bluff pendant la guerre froide ? La ruse, tout simplement.

Odysseus in the Cave of Polyphemus par le peintre Jacques Jordaens / wikipédia
Odysseus in the Cave of Polyphemus par le peintre Jacques Jordaens / wikipédia

Et c'est bien tout l'objet de cet ouvrage de Jean-Vincent Holeindre, nous raconter « une autre histoire de la stratégie », des conflits entre les dieux et héros de l'Antiquité jusqu'au terrorisme, en partant donc de la ruse, et moins de la force, tant valorisée pourtant dans les affrontements et les guerres.

La ruse donc, tout simplement... ou le meilleur moyen de remporter la victoire quand tous les autres nous font défaut et quand notamment la force nous manque... Mais la ruse est-elle en fait si simple, si facile ? Car la ruse, c'est bien aussi une manœuvre qui se joue des règles, une manœuvre séduisante, mais indomptable, c'est un savoir-faire subtil, qui mise sur l'intelligence, mais aussi un savoir-faire sournois et parfois immoral...

Tel est le problème d'ailleurs : attraper la ruser et en faire une stratégie, alors qu'elle est par définition protéiforme et imprévisible, alors qu'elle est une question d'occasions, de moments, mais surtout, une question de dissimulation. Comment dès lors attraper la ruse : la théoriser ou la cultiver ? Mais faut-il même tenter de le faire, tant elle est sourde, ondoyante et surprenante ? Et pourquoi ne pas lui préférer la force, plus franchement violente mais aussi plus directe, plus explicite ?

Cela a justement été le cas, et c'est peut-être d'ailleurs le grand paradoxe de la guerre, de son histoire et de sa théorie : avoir condamné la ruse comme « le point fort des faibles » et lui avoir opposé la force pour son efficacité, avoir légitimé la force avec un concept de guerre juste et avec un art de la guerre qui valorise la puissance physique et matérielle et avoir délaissé la ruse.

Mais si la ruse contourne bien les règles, elle reste pourtant une tactique puissante et d'actualité, à prendre en compte si l'on veut lutter contre le terrorisme : à défaut donc de la cultiver comme une qualité politique, à défaut aussi de la justifier pour la rendre juste, comment la justifier pour la comprendre et pour mieux à son tour la contourner ?

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