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"La sagesse ordinaire" de Jean-Michel Besnier

2 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi préférer la sagesse ordinaire à celle de Bouddha?

Crédits : John Lund/Stephanie Roeser - Getty

A la fin de la pièce d'Anton Tchekhov, Sonia propose une leçon de sagesse à l'Oncle Vania. Mais de quelle sagesse s'agit-il quand on nous propose de « supporter patiemment les épreuves » en attendant un au-delà meilleur et reposant ? A-t-on vraiment envie d'être sage quand on nous demande une telle résignation ?

Dans son essai qui paraît aux éditions du Pommier, le philosophe Jean-Michel Besnier s'attaque justement à ces figures de sage qui nous empoisonnent la vie avec leur ascétisme, leur éternel présent, leur indifférence bienheureuse, autrement dit leur manière bien à eux de rester à distance du monde, du temps, des responsabilités, de l'action et des passions. Ou autrement dit encore : un état de sagesse que l'on ne pourra jamais atteindre, et d'ailleurs, que l'on n'a même pas envie d'atteindre, car : qu'est-ce qui donne envie dans un tel état de démobilisation ? Qui a envie de répéter : « de toute façon, je me fous de tout » ? De faire l'effort paradoxal de ne rien affronter ?

Bouddha, les stoïciens, les cyniques... Jean-Michel Besnier passe en revue toutes ces formes de sagesse pour leur opposer des modèles de sagesse ordinaire : de celle qui assume d'être dans le monde, pour l'affronter, celle qui accepte de se révolter et de préférer la colère à la résignation, les contingences à la nécessité, le tragique à l'apathie. Celle d'Erasme avec son éloge de la folie qui donne l'appétit de vivre qui manque tant à l'ascétisme, celle d'Aristote et de son homme d'expérience qui, je cite, « sympathise avec ses propres plaisirs mais aussi ses propres peines », celle de l'Oncle Vania aussi qui n'a jamais cru en aucun absolu, et même la sagesse de Sonia finalement qui ne lui donne cette leçon que pour mieux exercer le « métier de vivre » : Sonia qui prône en fait de vivre sur une crête, aux prises avec les déboires et les échecs, plutôt que sur une montagne qui les surplombe avec orgueil.

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