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Lithographie de Van Gogh par l'artiste Nikolai Kharlamov

"La vie aveugle" de Loïc Merle

2 min
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Qu’attend-on d’un tableau ou d’un peintre ? C'est la question que se pose Loïc Merle dans cet ouvrage.

Lithographie de Van Gogh par l'artiste Nikolai Kharlamov
Lithographie de Van Gogh par l'artiste Nikolai Kharlamov Crédits : ABRAM SHTERENBERG / RIA NOVOSTI / SPUTNIK - AFP

« Ce n’était pas là ce que j’attendais de ma rencontre avec Van Gogh, l’œuvre strictement peinte, la part réservée aux adultes, mais plutôt tirer de simples tableaux la force de suivre son exemple (…) les pleins feux d’une révélation, les secrets d’une vie sublime d’excès et l’aventure qui me manquait, en bref : la révolution spirituelle !, en bref : l’homme ! ; au lieu de quoi je me suis retrouvé jugé par Van Gogh, à qui, assurément, il est difficile de refuser ce droit, jugé et condamné par sa grandeur – contraint de baisser la tête, non devant un patron, mais face à un maître »…

Dans ces quelques lignes de La vie aveugle de Loïc Merle que je viens de lire, se pose cette question : qu’attend-on d’un tableau ou d’un peintre ? Une révolution, une inspiration peut-être, une méthode, ou encore l’art de bien voir ? Mais à quel moment et comment pourrait s’établir une relation avec un tel objet qu’une peinture ou avec un homme tel qu’un maître de peinture ?

Loïc Merle envisage pourtant cette double possibilité : celle d’abord de la relation, avec Van Gogh, malgré cette 1ère rencontre ratée que j’ai lue, enfin plutôt la relation vraie avec un « autoportrait de Van Gogh d’un vert dit Véronèse daté de 1888, l’un des derniers, de tous le plus terrifiant, sorte de point de non-retour », puis la possibilité d’une relation vraie, encore, à l’occasion d’une rencontre avec Auguste Strahl dit « le plus grand peintre de ce début de siècle » dans « sa maison confortable de la périphérie d’Heidelberg ».

Et c’est bien cette question de « relation vraie » qui est vraiment centrale, car quand on se demande ce qu’on attend d’un tableau ou d’un peinture, on le met déjà en position de surplomb : apprends-nous à voir, ouvre l’œil pour nous. Mais, ici, au fil de ces pages, Van Gogh en autoportrait, Auguste Strahl en peintre qui ne peint plus, ne sont pas des maîtres, ils ne donnent pas de réponse, car leurs yeux sont brûlés, écrit Loïc Merle, ils ne voient plus, et pourtant, leur vie n’est plus aveugle.

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