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Épisode 2 :

Deuxième pas sur les traces de l’individualisme libéral

2 min
À retrouver dans l'émission

Des débuts de l’individualité à l’individualisme contemporain, dans cette anthologie c'est un autre individualisme qui se fait entendre;

« Le vrai but de l’homme, non pas celui que le penchant variable de chacun, mais celui que la raison éternellement immuable lui assigne, c’est le développement le plus large et le mieux proportionné de ses forces afin qu’elles forment un ensemble. Toutefois l’extension des forces humaines exige encore une autre condition qui se relie étroitement à la liberté, la diversité des situations. L’homme, même le plus libre, même le plus indépendant, quand il est placé dans un milieu uniforme, progresse moins ».

L’individualisme a mauvaise réputation. C’est en tout cas ce que l’on entend de toute part. Mais de Kierkegaard, à l’écrivain américain John Dos Passos, en passant par le philosophe Humboldt, dont je viens de lire un extrait, des débuts de l’individualité à l’individualisme contemporain, en passant par une foule d’autres textes rassemblés chronologiquement dans cette anthologie, c’est bien un autre individualisme qui se fait entendre.

Un individualisme, qui, dès le XIXème siècle, s’oppose à l’inégalité étriquée pour proposer une éthique de la singularité à la portée de tous. Comment chacun doit-il et peut-il devenir soi ? Telle est en effet la question soulevée tout autant par Kierkegaard donc, mais aussi Emerson, Nietzsche ou encore le dramaturge Ibsen, tous appelés ici « les navigateurs solitaires de l’individualité ».

Mais si chacun a à devenir soi, comment peut-il y avoir encore de la diversité à l’être ? Comment l’individualisme ne devient-il justement pas une injonction vide, conformiste qui ne fait que diviser les hommes ? Comment ne devient-il pas précisément ce qu’on lui reproche ?

Telle serait l’autre question, et la pensée de Humboldt, le premier peut-être à vraiment donner une substance à l’individu, peut nous éviter cette caricature de l’individualisme : l’homme, nous dit-il, est comme la fleur, il se nourrit d’une matière diverse, mais sa forme ne tient qu’à lui. Se développer par soi-même et pour soi-même, voilà un individualisme qui prend la forme de l’individuation, d’une croissance qui se déploie, et non d’un repli sur soi et d’un égoïsme mesquin.

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