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Le Livre des jouissances de Jean-Philippe Domecq

2 min
À retrouver dans l'émission

Plaisir, volupté, violence, délice, salive... Les exemples tout comme les mots ne manquent pas pour décrire la jouissance dans ce livre, il faut que ça déborde, à l'image de ce qu’elle procure. Et on se retrouve ainsi face à nos propres expériences de jouissance :et moi, qu'est-ce qui me fait jouir?

Il ne s'agit non pas d'un livre sur la jouissance, mais du Livre DES jouissances : en voici une pour commencer, en quelques lignes par Casanova, la jouissance de manger en bonne compagnie des huîtres : « en les troquant lorsqu'on les a déjà dans la bouche : elle me présentait sur sa langue la sienne en même temps que je lui embouchais la mienne : il n'y a point de jeu plus lascif, plus voluptueux entre deux amoureux. Quelle sauce que celle d'une huître que je hume de la bouche de l'objet que j'adore ! C'est sa salive. »

Ça, c'était donc pour la jouissance de manger des huîtres, en voici une autre : « It was a very good year ». Ça, c’est pour le miracle de certaines chansons, Frank Sinatra... Dans ce Livre des jouissances, avec un L majuscule, Jean-Philippe Domecq ne fait pas de théorie, il ne propose aucune thèse, il énumère tout ce qui LE fait jouir : c'est le maximum de jouissance de Casanova dont les conquêtes amoureuses se comptent mais dont le plaisir se déplie infiniment, c'est le « trois fois rien » d'une chanson dont le sens importe peu et où seules les sonorités des syllabes nous transportent, c'est la palpitation de la vitesse, les tours parfaits de pistes d'Ayrton Senna, ou plus trivialement, mais tout aussi jouissif : la vengeance, la victoire dans une dispute, le rire bête...

Plaisir, volupté, violence, délice, salive... les exemples tout comme les mots ne manquent pas pour décrire la jouissance dans ce livre, il faut que ça déborde, à l'image de ce qu’elle procure. Et on se retrouve ainsi face à nos propres expériences de jouissance : et moi, qu'est-ce qui me fait jouir ? Comment pourrais-je le dire, avec quels mots ?

A l'inverse du désir qui nous porte, mais qui donne un sens à nos actions, la jouissance ne porte pas, elle transporte, elle chamboule, et sans aucun sens. Certes, elle a besoin de mots, comme la musique a besoin de note, mais la jouissance, comme la musique, a un langage mystérieux, tout en nous étant profondément intime.

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