LE DIRECT
Sigmund Freud et Eugen Bleuler / Wikipédia

" Lettres 1904-1937", Sigmund Freud et Eugen Bleuler

2 min
À retrouver dans l'émission

C’est une correspondance majeure de l’histoire de la psychanalyse et de la psychiatrie, puisqu’elle se fait entre Sigmund Freud, que l’on ne présente plus, et Eugen Bleuler, peut-être moins connu, mais grand psychiatre zurichois, et surtout 1er psychiatre à prendre au sérieux les thèses freudiennes.

Sigmund Freud et Eugen Bleuler / Wikipédia
Sigmund Freud et Eugen Bleuler / Wikipédia

Alors, à quoi ressemble cette rencontre entre la psychanalyse et la psychiatrie ? Voilà peut-être la question qui nous vient à l’esprit en découvrant ces lettres échangées sur plus de 30 ans, entre 1904 et 1937. Plus de 80 ans après, alors que l’on en sait plus sur les relations entre ces deux disciplines, on serait même tentés d’attendre de cette 1ère rencontre les 1ères lueurs de la passion, de l’amour, de la haine, de l’admiration, de la jalousie… chacun travaillant sur les pathologies mentales, et se concurrençant sur ce terrain, le 1er, Freud, en privilégiant les cas particuliers, la parole et la théorie, quand le 2nd, Bleuler, préfère la généralisation clinique, l’observation et la pratique.

Voilà ce qu’on serait donc tentés d’attendre : de la dispute intellectuelle, de l’affrontement clinique. Et il y en a… mais sur un mode feutré, prudent, presque trop poli. Bleuler est certes le 1er psychiatre à introduire la méthode psychanalytique dans son centre à Zürich, à expérimenter l’analyse des rêves, ou à mettre à l’épreuve les concepts freudiens de pulsions, mais il reste, c’est le mot, « prudent ». Freud ne cesse d’ailleurs le relancer sur ce sujet : pourquoi ne pas adhérer à l’Association psychanalytique internationale, pourquoi ne pas fusionner ?

C’est peut-être cela qui ressort de cet échange, non pas passionné, mais passionnant pour cette dimension presque courtoise d’une relation : le fait de se chercher, de ne pas se trouver, de jouer l’ambiguïté, et puis, finalement de résister et de rester indépendant. Une relation manquée, mais dont on pressent tous les apports, ou tous les risques, tant Freud voyait dans la psychiatrie un vide que seule la psychanalyse pouvait combler.

Bibliographie

L'équipe
Production
Avec la collaboration de
À venir dans ... secondes ...par......