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"Lettres à un travailleur social" de Fernand Deligny

2 min
À retrouver dans l'émission

Tout est une question de langage avec Fernand Deligny, de voix, de parole, ou alors de silence. Mais entre la parole et le silence, lequel des deux est le plus parlant ?

Dans les années 60 et 70, dans un hameau des Cévennes, Fernand Deligny fait une « tentative », celle de créer un milieu éducatif alternatif pour des autistes. Il en ressortira une dizaine de livres, et puis, ce documentaire, « Ce gamin-là » où on entend la voix de Deligny parler de Janmari, enfant mutique, qui oppose son silence à sa parole. Mais il faut remonter à 1945, et à la parution du livre, militant et fait d'aphorismes, Graine de crapule, qui se voulait « Conseils aux éducateurs qui voudraient la cultiver », pour connaître la voix de Fernand Deligny, celui qui restera justement comme l'une des grandes voix de l'éducation spécialisée. Grande voix que l’on retrouve dans ces Lettres, écrites en 1984 et 85, où là encore, on suit sa langue, sinueuse, ingénue, ou parfois hermétique, comme le reproche lui a souvent été fait...

Tout est donc bien une question de langage avec Fernand Deligny, de voix, de parole, ou alors de silence. Mais entre la parole et le silence, lequel des deux est le plus parlant ? Ou entre la parole et le silence, lequel révèle le plus que le langage fait défaut : les mots qui nous mènent en bateau ou le mutisme à qui l'on fait tout dire ? A quoi donc se fier ?

Il faut le dire, ces 50 Lettres à un travailleur social ne répondent pas à ces questions, elles ne font que les soulever, et même elles les corsent : en s'adressant à un travailleur social, quel qu'il soit, en refusant de donner des conseils, Deligny souligne la tension même qu'il y a être un travailleur social, un travailleur du social, c’est-à-dire quelqu’un qui travaille le social, travaille les mots qui le constituent et nous lient, ou au contraire nous séparent. C'est ainsi que Deligny peut bien dire, je cite : qu'« une société ne craint pas ses propres mots, qu'ils lui donnent conscience d'elle-même », mais peut bien y préférer malgré tout les faits qui résistent, le hasard jamais définitif, ou les infinitifs, infinis.

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