LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Portrait de Simone Weil (1909-1943)

"Note sur la suppression générale des partis politiques" de Simone Weil

2 min
À retrouver dans l'émission

Il s'agit d'un petit livre paru aux excellentes éditions Allia : c'est un texte écrit en 1940, mais fort éclairant dans cette période d'élections présidentielles : c'est une note : Note sur la suppression générale des partis politiques, de la philosophe Simone Weil.

Portrait de Simone Weil (1909-1943)
Portrait de Simone Weil (1909-1943) Crédits : Whiteimages/Leemage - AFP

Et pour en donner une idée et surtout pour en donner le ton, le mieux est encore d'en lire quelques lignes : voici ce qu'en dit Simone Weil dès la 2ème page : « Le mal des partis politiques saute aux yeux, ne sont-ils pas même du mal à l'état pur ou presque ? ». Affirmation et question rhétorique hautement paradoxales quand on voit que les primaires qui visent à élire le candidat du parti, sont désormais institutionnalisées.

Mais déjà, durant ces primaires, on a pu entendre certains poser la question : jusqu'où cet exercice des primaires est-il démocratique ? L'interrogation de Simone Weil est de la même veine ici, mais elle va plus loin, et elle nous pousse à nous demander : jusqu'où les partis eux-mêmes sont-ils démocratiques ? Les partis, même, sont-ils démocratiques ?

Tout dépend bien sûr de ce que l'on entend par démocratie. Pour Simone Weil, celle-ci a deux conditions : celle, d’abord, de ne pas être une passion collective, de ne pas être de l'ordre de la passion, mais de celui de la volonté, et celle, ensuite, de s'exprimer à l'égard des problèmes de la vie publique, sans faire seulement un choix de personnes. Sa réponse est donc sans appel pour notre démocratie partisane, elle n'a rien de démocratique, et elle va même jusqu'à dire, je cite que « la tendance des partis est totalitaire, non seulement relativement à une nation, mais relativement au globe terrestre ».

Certes, c'est un texte radical qui assimile les partis au mal, mais il nous exhorte au moins à interroger ce que l'on considère trop vite comme le bien de nos institutions, et surtout il revient sur le sens premier d'un parti, celui de n'être qu'une partie d'un tout, de n'être qu'un point de vue qui nous oblige sans cesse à justement prendre parti, parfois pour, en tout cas, toujours contre quelque chose ou quelqu’un d'autre.

L'équipe
Production
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......