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Philip Glass à Hollywood en 2004

"Paroles sans musique" de Philip Glass

2 min
À retrouver dans l'émission

Voici un livre un livre tout en musique dont le titre peut paraître loin du silence : « Paroles sans musique ». Dans ce texte autobiographique, Glass parle beaucoup : il raconte tout...

Philip Glass à Hollywood en 2004
Philip Glass à Hollywood en 2004 Crédits : GIULIO MARCOCCHI / GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

Dans cette semaine sur le silence, il peut être bon de finir avec un livre tout en musique : c’est un livre de Philip Glass, paru à La rue musicale, dont le titre peut paraître loin du silence : « Paroles sans musique ». Et pour cause, dans ce texte autobiographique, Glass parle beaucoup : il raconte tout, de son enfance à Baltimore, passée la plupart du temps dans les livres de la bibliothèque silencieuse où travaillait sa mère, jusqu’à ses opéras inspirés de Jean Cocteau, en passant par son apprentissage de la composition à Chicago, dans l’université qui comptait alors Hannah Arendt et Mircea Eliade, et puis aussi ses voyages en Inde où il a expérimenté la muette méditation, les cris et rires de ses enfants, ou encore comment il a composé « Einstein on the beach » dans un taxi…

C’est donc bien une vie de musique que Glass nous raconte, mais on aurait tort de n’y voir que de la parole : car les mots de Glass, la manière dont il fait entendre son parcours, les crescendos et decrescendos de sa vie, laissent entendre une certaine musique. Comment d’ailleurs raconter sa vie quand on est compositeur autrement qu’en musique ? Et surtout, comment ce récit, même sans être musicien, n’est jamais réductible à des mots, à des paroles ?

Oui, raconter sa vie « en musique » ne veut pas dire pour Glass : en expliquant comment il a composé, en conceptualisant la musique comme un objet à part, ou en montrant ce qu’il reste de sa musique sous forme de création, d’objet là encore. Raconter une vie en musique, c’est bien arriver à dire ceci, je cite : « Je ne pense plus sur la musique, je pense musique. Mon cerveau pense musique. Il ne pense pas avec des mots. » Et d’ajouter : « je trouve la musique à partir de la musique elle-même ».

Voilà, ce que c’est que raconter sa vie en musique, c’est, au bout du compte, avoir tout désappris, c’est avoir tout oublié pour laisser advenir ce que l’on est à travers des notes et des rythmes, et Glass a pourtant passé sa vie à apprendre et à chercher l’essence de la musique et peut-être la sienne aussi. Si la musique et les mots semblent donc le contraire du silence, s’échappent pourtant à travers eux des zones de silence, d’ineffable, de ce qui ne peut pas être dit ou compris.

Bibliographie

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Paroles sans musiquePhilip GlassLa rue musicale, 2017

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