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"Philosophie-écrans : du cinéma à la révolution numérique" de Mauro Carbone

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Quoi de mieux que de commencer l’année avec Chantal Goya…surtout avec la BO du film de Jean-Luc Godard de 1966, Masculin / Féminin, dans lequel on peut lire cette phrase : "Le philosophe et le cinéaste ont en commun une certaine manière d’être,certaine vue du monde qui est celle d’une génération".

Quoi de mieux que de commencer l’année avec Chantal Goya… enfin, avec Chantal Goya, surtout avec la bande originale du film de Jean-Luc Godard de 1966, Masculin / Féminin, dans lequel on peut lire cette phrase : « Le philosophe et le cinéaste ont en commun une certaine manière d’être, une certaine vue du monde qui est celle d’une génération ».

Mais c’est aussi et même d’abord dans le livre Sens et non-sens de Merleau-Ponty que l’on peut lire cette phrase. Dans ses Causeries faites la même année, en 1948, Merleau-Ponty soulignait déjà aussi cette parenté entre la philosophie et le cinéma à partir de la perception : il disait ainsi, je cite : « quoique l’engouement pour les vedettes, le sensationnel des changements de plan, ou des péripéties soient pour le film autant de tentations où il risque de s’engluer (…) on va voir que, comme toute œuvre art, il serait encore quelque chose que l’on perçoit ».

Il faut s’arrêter sur cette citation parce qu’elle pose tout l’enjeu, en fait, d’une philosophie des écrans, et ce n’est donc pas par hasard que Mauro Carbone la mentionne dans son livre, justement intitulé « Philosophie-écrans, du cinéma à la révolution numérique ». On doit s’y arrêter parce qu’on voit mal en quoi le philosophe et le cinéaste pourrait partager quoi que ce soit, dans la mesure où le cinéma, c’est d’abord des vedettes et du sensationnel, c’est Chantal Goya chez Godard par exemple, ce sont des idoles, ces illusions, qui masquent et font écran. Le cinéma, et c’est bien le problème, ne montre pas d’abord, mais cache. Et en plus, c’est un écran qui prolifère : à tendre l’oreille, on serait tous collés à nos écrans…

Mais, de Merleau-Ponty à Deleuze, entre la fenêtre qui ouvre sur le monde et la toile qui dissimule, Mauro Carbone ne choisit pas, il préfère l’idée d’une prothèse qui concourt à développer nos potentialités, à élargir notre perception, au point même de la perturber et de la transformer en profondeur…

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