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"Pornoculture. Voyage au bout de la chair" de Claudia Attimonelli et Vincenzo Susca

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Une fois n’est pas coutume, et même si le sujet n’est pas du tout absent de l’air du temps, au contraire, comme on va le voir, voici un ouvrage sur la pornographie. Enfin, plus précisément un ouvrage sur la « pornoculture ».

« Pornoculture », c’est bien le titre de cet ouvrage. Et il faut s’arrêter sur ce terme, car il dit bien ce mélange, cet englobement, en une culture, des images érotiques, des mœurs lubriques et autres gestes coquins… Mais il dit bien aussi la difficulté à parler du porno. Car, d’emblée, on peut être fatigué de ce sujet, parce que l’on s’attend, encore une fois, à une sorte de fascination pour un genre de provocation facile de la morale et de critique du bon goût, ou, encore une fois aussi, à un cri d’alerte sur la banalisation d’une telle culture…

Mais pas du tout, ni l’un ni l’autre : ce qui intéressent les auteurs, Claudia Attimonelli et Vincenzo Susca, c’est justement comment le porno est devenu culture, comment l’obscène est entré dans la scène quotidienne.

Comment l’obscène a-t-il donc pu entrer en scène ? Et comment saisir cet obscène qui n’est plus seulement aujourd’hui mis en scène, séparé et transgressif, mais qui se dissémine, s’infiltre, contamine tout ? Sur ce point, Videodrome, le film de David Cronenberg, qui est analysé dans cet ouvrage, mêle parfaitement écran et sexe, mais surtout il révèle ce paradoxe du porno : plus il est montré, plus il est obscène, c’est-à-dire hors de la scène, et du coup, ce paradoxe de la chair : plus elle est explorée, moins elle est touchée. Et les poupées plastiques et émoticônes en tout genre en témoignent : rien de moins expressifs que ces objets, rien de moins charnel… et pourtant, et c’est bien la question : comment comprendre qu’ils nous touchent autant ?

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