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"Punir, une passion contemporaine" de Didier Fassin

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À retrouver dans l'émission

Pourquoi associe-t-on naturellement crime et châtiment ? Est-ce une question de cas particuliers ou y a-t-il quelque chose dans la réalité qui devrait remettre en cause ce lien qu'on a établi entre le délit et la peine ?

C'est un calcul évident pour chacun : un crime EGAL un châtiment, un délit EGAL une peine. C'est un calcul, un lien de causalité, une convention, une évidence même, et bien sûr, toute une déclinaison de lois. Et pourtant, comme le rappelle Didier Fassin dans son essai : il y a le cas où un crime n'est pas châtié, et il y a le cas, contraire, d'un châtiment qui s'applique sans crime avéré. On peut trouver une foule d'exemples dans l'actualité : ce sont d'un côté ceux qui échappent à de lourdes sanctions, tels certaines personnes haut placé, et de l'autre, chiffres à l'appui, des sanctions plus sévères et plus fréquentes à l'égard des autres, sans augmentation pour autant de la délinquance et de la criminalité.

Alors, pourquoi associe-t-on naturellement crime et châtiment ? Est-ce seulement une question de cas particuliers, d'exceptions, d'applications des peines qui échappent à la généralité de la loi OU vraiment y a-t-il quelque chose dans la réalité qui devrait remettre en cause ce lien qu'on a établi entre le délit et la peine ?

Mais encore faudrait-il définir ce qu'on entend par « réalité » : il y a certes les chiffres, les exemples, Didier Fassin n'en est pas avare, et puis il y a aussi des définitions, des champs que l'on peut cerner objectivement (qu'est-ce que punir ?, pourquoi et comment ?, et qui punit-on ?, trois questions qui structurent ce livre), mais il y a aussi ce qui se joue en deçà de la causalité, et qui la consolide comme telle : une question de mœurs, une question de passion, « la passion contemporaine » de punir pour reprendre le titre de cet essai, qui nous pousse à nous interroger : comment la peine est-elle devenue non seulement l'unique moyen de la loi, mais aussi celui de nos normes morales et affectives ? Et si la punition n'était pas seulement ce qui nous fait peur et agit comme une limite pour préserver l'ordre, mais serait-elle devenue un automatisme, un réflexe presque affectif qui peut se retourner contre nous, contre l'ordre social ?

Débat-rencontre lundi 9 janvier à 19h à la Maison des métallos dans le 11ème arrondissement à Paris, autour de Didier Fassin avec Michaël Foëssel, Michelle Perrot, Mireille Delmas-Marty et Didier Ruiz

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