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Le Ministre de l'économie Bruno Lemaire visitait l'usine d'Ascoval le 8 novembre 2018, à Saint Saulve dans le Nord de la France.

Est-il vain de vouloir sauver nos usines ?

45 min
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Les salariés de l'aciérie Ascoval ont un mois pour trouver un repreneur, tandis que l'usine Ford de Blanquefort va fermer, laissant 850 salariés sur le carreau. Bruno Le Maire affirme qu'il ne baissera pas les bras sur ces dossiers industriels,mais est-ce vraiment utile de vouloir sauver nos usines?

Le Ministre de l'économie Bruno Lemaire visitait l'usine d'Ascoval le 8 novembre 2018, à Saint Saulve dans le Nord de la France.
Le Ministre de l'économie Bruno Lemaire visitait l'usine d'Ascoval le 8 novembre 2018, à Saint Saulve dans le Nord de la France. Crédits : FRANCOIS LO PRESTI - AFP

A Genève, atmosphère électrique pour l’industrie automobile » titrent ce soir les journaux, à la veille de l’ouverture de l’un des plus grands salons de l’auto au monde. Les constructeurs seraient « inquiets », 2018 a été difficile et 2019 s’annonce tout aussi morose, entre pêle-mêle : la baisse inattendue du marché chinois, la guerre commerciale entre Pékin et Washington, l’imminence du Brexit, et les ventes de diesel qui s’effondrent, face à la flambée des prix du gazole.

L’industrie automobile se tient prête à ralentir sa production, or, de sa bonne santé dépend celle de milliers d’usines - qui fabriquent par exemple des boîtes de vitesse comme celle de Ford à Blanquefort, des pièces d’acier adaptées aux voitures comme celle d’Ascoval dans le Nord, ou encore des culasses comme les Fonderies du Poitou dont Renault est le principal client.

Trois usines en péril. Les salariés d’Ascoval ont encore un petit mois de sursis, pour trouver un repreneur. Fermeture assurée pour Blanquefort : 850 salariés sur le carreau. Quant aux Fonderies du Poitou, trois repreneurs se sont fait connaître il y a deux jours, charge aux tribunaux de commerce de Poitiers et de Lyon de se prononcer sur leurs offres.

Ces drames industriels illustrent aussi l’incapacité de l’Etat à sauver les usines françaises. En a-t-il le pouvoir, comme a voulu le laisser entendre Bruno le Maire qui se sera finalement agité pour rien ? En a-t-il seulement un réel désir ? A l’heure où l’on nous parle « d’industrie du futur », qu’adviendra-t-il de l’industrie traditionnelle ?

Intervenants
  • Responsable confédérale pour l'industrie de la CGT
  • président de la Fédération des Industries Mécaniques, et président du directoire de REDEX, groupe industriel français spécialisé dans la mécanique fine
  • professeur à Mines Paristech (chaire Futurs de l'industrie et du travail), conseiller du laboratoire d’idées la Fabrique de l'industrie.
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