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Migrants du Niger s'apprêtant à monter dans un bus pour être rapatriés dans leur pays par les Autorités algériennes, 2 juillet 2018, dans un centre de transit pour migrants au Sud de l'Algérie

"Sous-traitance" de la politique migratoire en Afrique : l’Europe a-t-elle les mains propres ?

44 min
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Depuis 2015, l’Union européenne a renforcé sa coopération avec l'Afrique pour lutter contre les migrations "irrégulières" et bloquer les migrants avant qu’ils ne traversent la Méditerranée. Mais l'Europe a-t-elle les mains propres dans cette "sous-traitance" de sa politique migratoire ?

Migrants du Niger s'apprêtant à monter dans un bus pour être rapatriés dans leur pays par les Autorités algériennes, 2 juillet 2018, dans un centre de transit pour migrants au Sud de l'Algérie
Migrants du Niger s'apprêtant à monter dans un bus pour être rapatriés dans leur pays par les Autorités algériennes, 2 juillet 2018, dans un centre de transit pour migrants au Sud de l'Algérie Crédits : RYAD KRAMDI - AFP

Assurément, il n’y a bien que Matteo Salvini pour se préoccuper du sort des migrants. Le ministre de l’Intérieur italien, chef du parti d’extrême-droite la Ligue, nous a fait un laïus façon Comedia dell’Arte ce matin, en interpellant l’Union européenne sur la situation de 42 personnes bloquées dans ses eaux territoriales depuis maintenant 11 jours… Le commandant du navire refuse de les ramener d’où elles viennent, en Libye, où il sait le sort qui les attend… Il ne peut pas non plus rejoindre l’Italie qui a interdit ses ports aux bateaux de secours. « Nous tiendrons l’Union européenne responsable de tout ce qui pourrait arriver aux femmes et aux hommes à bord du Sea Watch », a déclaré Matteo Salvini. Un proverbe italien dit que l’offenseur est celui qui pardonne le moins…

Si cette déclaration est impressionnante de mauvaise foi, on peut débattre de la responsabilité de l’Union européenne, qui, faute de volonté commune, a délégué à la Libye, le secours des naufragés de l’exil - en formant 140 garde-côtes libyens, et en débloquant pour eux 46 millions d’euros. L’argent vient notamment du Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, censé s’attaquer aux « causes » de la migration irrégulière, la misère économique, mais que les ONG accusent de surtout servir aux contrôles de police et à la chasse aux migrants.

Intervenants
  • chercheur au Centre Migrations et sociétés de l’Institut français des relations internationales (Ifri)
  • journaliste et chercheuse, co-auteure du rapport « Multilateral Damage : l’impact des politiques migratoires de l’UE sur les routes du Sahara » pour l’Institut Clingendael
  • Responsable de campagne humanitaire chez Oxfam France
  • Doctorante en sociologie à l’Université Paris 8 qui travaille sur les migrants “subsahariens” à la frontière maroco-espagnole
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