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Le salon de coiffure, c’est une cérémonie occulte, une métamorphose

La coiffure, sculpture de soi ?

1h
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Nous écoutons le bruit des ciseaux ou de la tondeuse, nous nous laissons amuser par les conversations, nous feuilletons des magazines, et nous sommes parfois surpris de voir notre visage en sortant d’un salon de coiffure. Mais, plus plus fondamentalement, pourquoi allons-nous chez le coiffeur ?

Le salon de coiffure, c’est une cérémonie occulte, une métamorphose
Le salon de coiffure, c’est une cérémonie occulte, une métamorphose Crédits : Evgeny Parilov / EyeEm - Getty

Un rituel qui est très ancien puisque, comme le rappelle Michel Messu, « C’est l’un des plus vieux métiers du monde : les textes l’attestent, dans la Grèce et la Rome antique, les coiffeurs avaient déjà une réputation de bavards. Tout le monde connaît cette blague : « Comment je vous les coupe ? demande le coiffeur – En silence, répond le client. » Elle date du Vème siècle avant notre ère ! ».

On entre dans un âge ou un genre, dans une catégorie sociale, souvent en passant entre les mains du coiffeur. Le moment le plus décisif est celui où on coupe les boucles de la petite enfance, pour entrer dans un stéréotype sexué. Jean-Paul Sartre, conduit à l’âge de 7 ans chez le coiffeur par le grand-père qui ne voulait pas que sa mère "en fasse une fille", raconte bien cet instant symbolique où ses anglaises sont tombées sur le sol.

Et puis, le cheveu, c’est l’unique élmément imputrescible du corps. On conserve parfois les boucles de cheveux de l’enfance, comme une relique. Notre cheveu est une part essentielle de notre identité. D’où la souffrance qu’il peut nous causer. Souffrance physique, quand on les tire (ne pas tirer les cheveux, c’est d’ailleurs l’une des premières injonctions qu’on reçoit enfant). Souffrance symbolique aussi, lorsqu’on les perd… et quand on les rase. Le châtiment, dans l’histoire, passe souvent par le rasage des cheveux. Les prostituées au Moyen Age, le scalp de l’ennemi chez les Indiens et évidemment, la tonte des femmes à la Libération, vécue comme une infamie.

Michel Messu , professeur de sociologie à l’université de Nantes. Son dernier ouvrage Un ethnologue chez le coiffeur  est paru en avril 2013 (Fayard).

*Thibaut de Saint-Maurice , philosophe et essayiste. Auteur de *Philosophie en série*  (Ellipses, 2009)

Le reportage de Sophie Bober Rencontre avec PASCAL FERRERO , chef coiffeur, sur le tournage de "Les vacances du petit Nicolas" (sortie 2014).

La petite bibliothèque de  Cécile Guéret , journaliste à Psychologies Magazine
Où va l’humanité ? , par le Professeur Israël Nisand,  gynécologue-obstétricien, initiateur du forum eu de bioéthique et Jean-François Mattei , professeur de pédiatrie et de génétique médicale et ancien ministre de la santé. Editions "les liens qui libèrent".

Le livre rassemble deux textes écrits pour le Forum européen de bioéthique à Strasbourg en janvier 2013. Deux textes qui interrogent la nature de l’homme à l’heure des avancées de la biomédecine, des nanotechnologies, de la robotisation de l’homme et du fantasme de l’homme augmenté.

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