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Photo du lac de Roselend (Savoie) prise le 12 août 2003 et montrant la retenue d'eau du barrage EDF de Roselend qui alimente la centrale hydroélectrique de La Bâthie.

Barrages hydroélectriques : l’Etat va-t-il y perdre son énergie ?

43 min
À retrouver dans l'émission

Deuxième source de production électrique derrière le nucléaire, le secteur de l'hydroélectricité est essentiel dans l'hexagone. La Commission européenne souhaite pourtant mettre fin au monopole d'EDF et demande à l'État français d'ouvrir à la concurrence 150 concessions de barrages d'ici 2023.

Photo du lac de Roselend (Savoie) prise le 12 août 2003 et montrant la retenue d'eau du barrage EDF de Roselend qui alimente la centrale hydroélectrique de La Bâthie.
Photo du lac de Roselend (Savoie) prise le 12 août 2003 et montrant la retenue d'eau du barrage EDF de Roselend qui alimente la centrale hydroélectrique de La Bâthie. Crédits : Jean-Pierre Clatot - AFP

Il y en a 450 en France, qui se transforment en presque stations touristiques pendant les vacances.

Le barrage de Serre-Ponçon et son lac artificiel, 80 kilomètres de rives... Le barrage de Sarrans, dans l’Aveyron, monstre de béton et de pierre érigé sur un affluent du Lot, la Truyère... Il y a encore le barrage de Bort-les-Orgues, sur la Dordogne, une voûte de 390 mètres de long qui s’arc-boute sur les flancs de la vallée. Lors de sa mise en service en 1951, il noya sous les eaux des villages entiers.

Leur mission numéro 1 : produire de l’électricité, parfois l’équivalent sur un seul site, de celle fournie par une centrale nucléaire. L’hydroélectricité représente aujourd’hui 12% de la production nationale de courant, c’est aussi la première source d’énergie renouvelable en France. C’est pourtant dans une période cruciale où doivent être fixés des objectifs clairs de transition énergétique que l’État français va devoir ouvrir à la concurrence la gestion de ses barrages. La Commission européenne l’en exhorte, au nom de la « concurrence libre et non faussée », le quasi-monopole d’EDF est donc remis en cause...

"Absurde", pour ceux qui bataillent contre Bruxelles, d’abord parce que ces barrages sont rentables et contribuent donc à renflouer les caisses de l’État, ensuite et surtout parce que le secteur de l’électricité est un secteur stratégique... qu’ils ne veulent pas voir tomber dans le giron du privé et même de groupes étrangers.

Cette mise en concurrence est organisée sous prétexte de réaliser des économies, mais c’est faux car le service public fonctionne très bien. L'État veut privatiser en dépit du bon sens. Les barrages sont des équipements totalement amortis, qui produisent le mégawattheure le moins cher du marché. Économiquement, il n’y a aucune justification valable à cela, sauf une raison idéologique qui est de confier au privé une activité qui était auparavant publique. Aurélien Bernier

Il n’y a pas de régime unique du patrimoine hydroélectrique en Europe. Il existe des modes d’organisation différents, allant des sociétés mixtes d’exploitation aux régimes de concession. Parmi ces derniers, on trouve des concessions à durée intermédiaire comme en France, où l’État est à la fois garant et concessionnaire, mais aussi à durée infinie comme en Suède, qui est un grand producteur hydroélectrique. Anna Creti

Les critères de la concurrence ne seront pas uniquement économiques et financiers. Les opérateurs devront aussi proposer des mesures dans le domaine de l’animation des vallées. Les sociétés qui postulent ne sont pas nouvelles, elles ont plus de 100 ans d’expertise pour certaines. Par exemple, Vattenfall est une entreprise publique suédoise, nous ne pouvons donc pas parler de privatisation mais plutôt d’intervention d’un opérateur étranger. La majorité d’entre elles sont des opérateurs internationalement reconnus, notamment dans le domaine de la gestion de l’eau. Marc Boudier

Intervenants
  • ancien dirigeant d'Attac, collaborateur régulier au Monde diplomatique et auteur de l’essai « Les voleurs d'énergie. Accaparement et privatisation de l'électricité, du gaz, du pétrole » (éditions Utopia, 2018).
  • professeure d’économie à l’université Paris Dauphine et membre du Centre de géopolitique de l'énergie et des matières premières rattaché au Laboratoire d'économie de Dauphine.
  • président de l’Association Française Indépendante de l’Électricité et du Gaz.
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