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Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, le président polonais Andrzej Duda, la chancelière allemande Angela Merkel et les autres participants du sommet des Balkans occidentaux à Poznań, en Pologne, le 5 juillet 2019.

Les Balkans : toujours une poudrière ?

43 min
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C’est une région particulièrement complexe, parcourues de tensions, voire de rancœurs ou de haines recuites – théâtre aussi des derniers massacres du XXe siècle en Europe. Les Balkans – les Balkans occidentaux pour être précis – ont souvent été l’une des parties les plus inflammables de l’Europe.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, le président polonais Andrzej Duda, la chancelière allemande Angela Merkel et les autres participants du sommet des Balkans occidentaux à Poznań, en Pologne, le 5 juillet 2019.
Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, le président polonais Andrzej Duda, la chancelière allemande Angela Merkel et les autres participants du sommet des Balkans occidentaux à Poznań, en Pologne, le 5 juillet 2019. Crédits : Janek Skarzynski - AFP

Pourtant, tout mouvement de foule, toute nouvelle crise – politique, sociale, nationale ou internationale dans la région – est source d’inquiétude. C’est le cas depuis plusieurs mois maintenant.

Des manifestations en Serbie, au Monténégro, au Kosovo, pour protester contre la corruption ou l’autoritarisme du pouvoir. Rassemblements aussi en Albanie, pays secoué par une grave crise politique. L’opposition a boycotté les dernières élections législatives, elle qui refuse de siéger au Parlement.

De plus en plus de remous, donc, qui ne plaident pas en leur faveur, eux qui veulent entrer dans l’Union européenne. Les négociations n’ont toujours pas commencé – Paris, Berlin et Amsterdam s’y opposent. Mais les discussions ne sont pas pour autant rompues – c’est ce qu’a dit Angela Merkel, le week-end dernier en Pologne, lors d’un sommet avec ces pays, à la fois fragiles et bouillants.

D’où cette question : les Balkans sont-ils encore la poudrière de l’Europe ?

Les Balkans sont moins une poudrière qu’un révélateur des contradictions de l’Europe. Jean-Arnault Dérens

Les accords de Dayton ont eu le mérite de mettre fin à la guerre. Mais ils sont aussi une machine infernale et dysfonctionnelle. C’est dans l’intérêt des trois partis nationalistes serbe, bosniaque et croate de maintenir ce statu quo. Mais pour que la Bosnie s’en sorte, il faut mettre fin à ces accords. Jean-Arnault Dérens

Il y 20 ans, il existait un multilatéralisme qui était soutenu par l’ensemble des pays. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, le Conseil de sécurité est beaucoup plus divisé. Odile Perrot

Les guerres en tant que telles sont achevées. Mais la région se trouve encore dans les crises profondes amenées par ces conflits. Par exemple, il lui faudrait encore six décennies pour atteindre le PIB moyen de la zone euro. Sébastien Gricourt

Intervenants
  • rédacteur en chef du Courrier des Balkans.
  • chercheure associée au Centre Montesquieu de Recherches Politiques de l’Université de Bordeaux, consule honoraire du Kosovo.
  • directeur de l’observatoire des Balkans à la fondation Jean Jaurès.
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